« S’interdire toute attaque frontale »

— 

Interview d'Yves Jégo Député UMP de Seine-et-Marne, pro-Sarkozy.

Quelle est la bonne méthode, selon vous, pour battre Royal ?

Nous devons insister sur les qualités, les compétences de Nicolas Sarkozy. Il est inutile et dangereux de dénoncer les faiblesses de Royal. Laissons ses faiblesses apparaître d’elles-mêmes, ce qui ne manquera pas d’arriver, car l’expérience montre que les campagnes présidentielles agissent toujours comme un révélateur.

Devrez-vous tenir compte du fait qu’elle est une femme ?

C’est un aspect qui compte. Quand on la met en difficulté, Royal sort le joker de l’attaque machiste et cela fonctionne. La société française est sensible à cet argument. Il faut nous interdire toute offense frontale et
mener plutôt une campagne en parallèle, sur les idées.

Ses adversaires ont dénoncé ses « gaffes ». Vous attendez-vous à des faux pas de sa part pendant la campagne ?

Ceux qui ont misé sur ses faux pas au PS ont échoué.
Elle a démarré la campagne avec 62%dans les sondages, 60 % de militants ont voté pour elle. Les seuls moments où elle a décroché dans les sondages sont ceux où elle a refusé le débat, comme face à la jeune militante, Nolwenn. Pas ceux où elle a cafouillé sur le nucléaire ou les jurys populaires.

Elle a une image d’autonomie par rapport au PS, alors que Nicolas Sarkozy est patron de l’UMP. N’incarne-t-elle pas davantage la rupture que lui ?

Je pense que les données vont s’inverser durant la
campagne. Nicolas Sarkozy va se détacher de plus en
plus de l’UMP, avec ses propositions rogrammatiques
et par son attitude. Royal sera au contraire rattrapée
par le PS.

Recueilli par S. C.