Santé fragile en Zones urbaines sensibles

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Près de neuf médecins généralistes sur dix d'Ile-de-France limitent les visites à domicile, et la plupart en ont une opinion négative, indique une étude de l'Union régionale des médecins libéraux (URML) d'Ile-de-France révélée dimanche par Le Parisien.
Près de neuf médecins généralistes sur dix d'Ile-de-France limitent les visites à domicile, et la plupart en ont une opinion négative, indique une étude de l'Union régionale des médecins libéraux (URML) d'Ile-de-France révélée dimanche par Le Parisien. — Marc Le Chelard AFP/Archives

On se porte moins bien en Zone urbaine sensible (ZUS). C’est ce que révèle une étude de l’Institut de recherche et documentation en économie de la santé (Irdes), dans une étude publiée mercredi en collaboration avec l’observatoire national des ZUS.

Dans une même ville, près d’un tiers des personnes résidant en ZUS se disent en mauvaise santé, contre un quart pour celles qui vivent dans d’autres quartiers et ce, à âge, sexe, niveau d’étude ou catégorie sociale égale.

«Une moins bonne perception de leur état de santé chez les personnes vivant en ZUS peut traduire un état de santé réellement moins bon (…) ou l’existence d’un certain mal-être», explique les auteurs de l’étude.

Parmi les personnes interrogées, 23% des habitants des ZUS déclarent en effet au moins une incapacité (voir de près, voir de loin, entendre, marcher 500 mètres, porter 5 kilos, se nourrir, s’habiller, aller aux toilettes ou faire sa toilette), contre 19.6% pour les autres. La différence entre les deux types de population est en revanche moins marquée pour les maladies chroniques. Comme le souligne l’Irdes, « déclarer une maladie chronique (par exemple, un diabète) suppose une bonne connaissance de son état de santé et un suivi médical qui favorise le diagnostic par un médecin. »

Selon les données de l’enquête, la population vivant en ZUS comporte près de deux fois plus de chômeurs et de non diplômés que l’ensemble de l’échantillon. Le niveau de revenu total par ménage en ZUS est ainsi bien plus faible que la moyenne : 43% des personnes (contre 27% pour l’ensemble de la population) déclarent un revenu annuel inférieur à 15.500 euros.

Catherine Fournier