Le beaujolais voit l'avenir en rosé

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C'est une première dans l'histoire du beaujolais nouveau. A l'occasion du coup d'envoi du primeur 2006, ce soir à minuit, les Japonais et une poignée de Français privilégiés pourront déguster une innovation encore confidentielle : le beaujolais nouveau rosé ! Quelques producteurs du vignoble se sont prudemment lancés dans ce créneau à la demande d'importateurs japonais de vin, avides d'originalité. Avec près de 12 millions de bouteilles achetées en 2005, les Japonais engloutissent un quart de la production du primeur.

Gérard Large, président d'une importante coopérative à Saint-Etienne-des-Oullières (Rhône) a « tenté l'aventure ». Début septembre, six hectares de vignes soigneusement choisies ont été récoltées le matin pour préserver la sensation fruitée du rosé primeur. Les grappes ont macéré vingt-quatre heures, soit deux fois moins qu'un beaujolais nouveau rouge. L'importateur japonais s'est même déplacé à la propriété pour réaliser les étiquettes et les affiches à son goût. Pour Gérard Large, qui vient d'expédier 28 500 bouteilles au Japon, cette nouveauté est un moyen de relancer le marché du beaujolais qui « arrive à bout de souffle ». « Le beaujolais rosé primeur reste très difficile à faire. Ça ne remplacera pas le rouge, mais c'est un bon complément », assure Frédéric Sambardier, viticulteur à Denicé qui, lui, a fait le pari de vendre quelques bouteilles en France. Quant à Georges Duboeuf, ambassadeur du beaujolais à l'étranger, il a sauté sur l'occasion en exportant 48 000 bouteilles de primeur rosé au Japon. Il envisage même de donner naissance à un beaujolais nouveau en blanc. « Il existe une réelle demande », souligne-t-il.

A Lyon, Carole Bianchi

Selon l'Inter Beaujolais, organisme de promotion du vignoble, le rosé primeur pourrait être plus largement commercialisé en France à partir de 2007 s'il remporte du succès auprès des consommateurs japonais.