Le labo antidopage piraté et dénigré

©2006 20 minutes

— 

Le laboratoire national de dépistage du dopage (LNDD) de Châtenay-Malabry, victime de piratage informatique, est en outre la cible d'une violente campagne de dénigrement sur internet menée par l'entourage des cyclistes américains Lance Armstrong et Floyd Landis.
Le laboratoire national de dépistage du dopage (LNDD) de Châtenay-Malabry, victime de piratage informatique, est en outre la cible d'une violente campagne de dénigrement sur internet menée par l'entourage des cyclistes américains Lance Armstrong et Floyd Landis. — Fred Dufour AFP/Archives

Le Laboratoire national de dépistage du dopage (LNDD) de Châtenay-Malabry (Hauts-de-Seine) a été victime de piratage informatique. L'Agence française de lutte contre le dopage a déposé plainte le 7 novembre à ce sujet. L'information a été révélée, hier, par L'Equipe puis confirmée par le directeur du laboratoire.

Le piratage a été détecté grâce à l'envoi d'e-mails dénonçant des « erreurs » commises par le LNDD en s'appuyant sur des documents internes. Une lettre censée émaner du labo, accompagnée de documents piratés et sortis de leur contexte a ainsi été rédigée. Certains faux grossiers affichent une adresse à « Châtanay-Malabry », selon L'Equipe. Les e-mails, datés de septembre, ont été adressés à des institutions sportives et des laboratoires étrangers. C'est l'un d'eux, situé à Montréal, qui a alerté le laboratoire français à la fin octobre. Hier, l'Agence française de lutte contre le dopage (AFLD) a réclamé des moyens au gouvernement pour moderniser le LNDD et en « sécuriser le système informatique ».

Châtenay-Malabry est en effet la cible depuis plusieurs mois d'attaques de cyclistes. Lance Armstrong, septuple vainqueur du Tour de France, a mis en cause le labo auteur de ses contrôles positifs à l'EPO en 1999. Convaincu de dopage à la testostérone après sa victoire sur le Tour 2006, Floyd Landis et son entourage mènent aussi, via Internet, une campagne pour décrédibiliser le LNDD. L'auteur d'un des courriers pourrait être, selon L'Equipe, un proche du coureur. « Les faits sont probablement liés à des affaires actuellement traitées par le laboratoire », a annoncé le directeur du laboratoire.

A. S.

L'affaire Cofidis jugé la semaine dernière à Nanterre a mis en lumière une « culture de la seringue » omniprésente. « Cent piqûres par an, ce n'est pas énorme pour un coureur », a ainsi déclaré un ex-cycliste.