Au Japon, une tradition qui marque le changement de saison

©2006 20 minutes

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Tomoya Inoui, caviste dans un supermarché de Yokohama, au sud de Tokyo, entasse depuis quelques jours dans les rayons les caisses de bouteilles de beaujolais nouveau. Il les ouvrira aujourd'hui à minuit, heure locale, 16 h, heure française. Il s'attend à une ruée nocturne de clients. Plus encore pour ce cru 2006, puisque les Japonais seront les premiers à découvrir le beaujolais nouveau rosé. Arrivé en terres nippones il y a quinze ans, le vin primeur français connaît un véritable engouement depuis 1998, quand la mode du vin s'est propagée par le biais d'une série télé populaire intitulée « Sommelier ». Enfin, le lancement à date fixe de la nouvelle cuvée a séduit le Japon, à tel point que l'archipel est devenu le premier importateur de beaujolais, devant les Etats-Unis. « Ici, le beaujolais nouveau est devenu une tradition qui rappelle l'arrivée de l'automne », explique le jeune caviste. « Dans notre culture, nous aimons les événements qui, comme les matsuris, nos fêtes religieuses, rythment les saisons. Les conditions étaient réunies pour que le beaujolais nouveau soit un succès », poursuit-il.

Depuis plusieurs semaines, Tomoya Inoui propose à ses clients de réserver les bouteilles de leur choix. Un système mis en place dans cette moderne cité portuaire de Yokohama aux allures de ville américaine, qui permet aux cavistes de mieux gérer leurs stocks. Mais en pratique, peu de Japonais l'utilisent et la majorité des ventes s'effectuent le jour J. Les Nippons, friands de vins fruités, n'hésiteront pas à débourser plus de 20 e la bouteille pour s'enivrer les premiers de ce parfum de France. « Grâce au décalage horaire, les Japonais sont les premiers au monde à être autorisés à déguster le beaujolais nouveau. Ils adorent être en avance, alors ça marche », avance Jean-Michel Mollier, représentant au Japon d'Entreprise Rhône-Alpes International.

A Yokohama, Elisa Frisullo