Bientôt une autorité régulatrice des jeux?

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Des sociétés de jeux d'argent sur internet ont perdu la moitié de leur valeur lundi à la Bourse de Londres après le vote ce week-end à Washington d'une loi redoutée de longue date, fermant le marché américain à ces groupes qui y faisaient jusqu'alors le plus gros de leurs bénéfices.
Des sociétés de jeux d'argent sur internet ont perdu la moitié de leur valeur lundi à la Bourse de Londres après le vote ce week-end à Washington d'une loi redoutée de longue date, fermant le marché américain à ces groupes qui y faisaient jusqu'alors le plus gros de leurs bénéfices. — Robert Sullivan AFP/Archives

Vers une harmonisation des jeux en France? Un rapport sénatorial prône la création d'une autorité régulatrice et le développement de la prévention de la dépendance au jeu. Rédigé par le rapporteur de la commission des finances du Sénat François Trucy (UMP, Var), ce rapport d'information, intitulé "L'évolution des jeux de hasard et d'argent, le modèle français à l'épreuve", pointe des inégalités entre opérateurs.

Il cite notamment le contrôle d'identité obligatoire, en place depuis le 1er novembre à l'entrée des 196 casinos, qui en interdit l'accès des mineurs de moins de 18 ans, alors que les mineurs de 16 ans peuvent accéder aux 39.960 points de vente de la FDJ et que tous les mineurs peuvent pénétrer sur les 255 hippodromes français. Par ailleurs, M. Trucy relève que le modèle des jeux en France est remis en cause par le développement d'"offres transfrontières", illustrée par l'affaire Bwin, qui fait l'objet d'une procédure judiciaire en France. Le sénateur recommande une initiative des Etats européens sur le jeu transfrontière en ligne soit dans le cadre communautaire, soit sous la forme d'une convention internationale.

Encadrés et contrôlés par l'Etat, les trois grands opérateurs du secteur - Française des Jeux (FDJ), Pari mutuel urbain (PMU) et les 196 casinos français - ont réalisé en 2005 un chiffre d'affaires de près de 20 milliards d'euros dont six milliards ont alimenté les caisses de l'Etat (prélèvements sociaux, taxes, impôts). La mise moyenne annuelle des joueurs français, selon le rapport, est de 310 euros pour les jeux de la FDJ, de 1.251 euros pour les paris hippiques et de 3.109 euros pour les machines à sous. Mais les Français, qui consacrent 0,9 % du budget de leur ménage aux jeux, sont loin derrière les Espagnols (2 %) alors que la moyenne des 25 pays de l'Union européenne est de 1 %.