Gollnisch admet le crime contre l’humanité

— 

 Coup de théâtre dans le procès de Bruno Gollnisch à Lyon. Cité à comparaître devant le tribunal correctionnel depuis hier matin pour contestation de crime contre l’humanité, le numéro 2 du Front national a reconnu publiquement lors de l’audience que la Shoah était un crime contre l’humanité. Interrogé pendant plus de deux heures sur ses propos ambigus tenus sur les chambres à gaz le 11 octobre 2004 lors d’une conférence de presse, Bruno Gollnisch n’a cessé de répéter que ses déclarations «avaient étédénaturées ». C’est alors que Me Alain Jakubowicz, avocat de trois parties civiles dont la Licra, l’a interpellé. Et lui a certifié qu’il abandonnerait ses poursuites s’il affirmait publiquement que «l’extermination massive et organisée des Juifs d’Europe au cours de la Seconde Guerre mondiale constituait un crime contre l’humanité non contestable et qu’il avait étéperpétué par l’utilisation des chambres à gaz dans les camps de concentration ». Le délégué général du FN, d’abord interloqué, a ensuitedit : «Ma réponse est affirmative. » Me Alain Jakubowicz a alors rangé ses documents et s’est retiré. A la sortie de l’audience, il a indiqué : «Cet aveu public est la plus belle des victoires qui puisseêtre faiteaux parties civiles. » Bruno Gollnisch, pour sa part, s’est étonné que sa réponse suscite une telle agitation.«C’est ridicule », a-t-il rétorqué. Le procès doit se poursuivre aujourd’hui avec le réquisitoire du procureur.

Carole Bianchi