L'Europe de l'Ouest frôle le trou noir

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Dix millions d'Européens, dont cinq millions de Français, ont été plongés dans le noir samedi pendant plus d'une heure entre 22 h et 23 h, après une défaillance sur le réseau allemand. Un sérieux incident qui relance le débat sur l'organisation énergétique dans l'Union européenne. Cette panne géante, la plus grave en France depuis près de trente ans, a affecté la moitié nord du pays, ainsi que l'Allemagne, l'Italie, l'Espagne, le Portugal, la Belgique et l'Autriche. Selon le Réseau français de transport d'électricité (RTE), deux lignes à très haute tension (400 000 volts) ont connu des problèmes en raison du froid qui sévit en Allemagne.

Cette défaillance a provoqué un déséquilibre général de production en Europe de l'Ouest. Pour éviter une surchauffe qui aurait entraîné un effondrement complet des réseaux, des systèmes de sécurité automatiques ont coupé une partie de la consommation dans plusieurs pays. « On n'est pas passé très loin d'un black-out européen », a déclaré un responsable de la RTE. Mais les raisons qui ont entraîné cette réaction en chaîne n'étaient pas encore totalement élucidées hier.

La sécurité électrique en Europe s'est dégradée depuis plusieurs années à mesure que la consommation augmente et que les investissements de production d'électricité ne suivent pas. Pendant les périodes de froid intense ou de grosse chaleur, l'approvisionnement en électricité est menacé, y compris en France où les réacteurs nucléaires, qui fournissent 87 % de la consommation, ont du mal à répondre à des pics inattendus. Le député Vert, Noël Mamère, a estimé hier que la panne n'était pas un « incident » mais « la preuve que l'énergie doit rester un bien public ».

Le chef du gouvernement italien, Romano Prodi, a déclaré hier : « Nous dépendons les uns des autres, mais nous ne pouvons pas nous aider sans une autorité commune européenne en matière d'énergie. »