"L'enfant pleurait presque tous les jours"

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 Le paisible quartier de Bellevue, à la périphérie de Redon, était sous le choc vendredi après la découverte du corps du petit David, 14 mois, dans un étang où sa mère a reconnu l'avoir jeté. Témoignages.

"Je ne me serais jamais imaginé que ça pouvait se passer ici", commente Fanny Destrez, 21 ans, habitante du petit immeuble bien entretenu au 5e étage duquel Aline Lelièvre, 19 ans, avait emménagé seule avec son fils en septembre dernier.
"Je ne croyais pas qu'elle aurait fait une chose pareille", renchérit Nicole Gaillard, 58 ans, habitant au premier étage de l'immeuble. "Elle était bien, toute simple, discrète. Je ne savais même pas qu'elle avait un bébé, je la voyais toujours toute seule".
Des commentaires et des sentiments partagés par la plupart des autres habitants de ce quartier modeste mais tranquille de petits immeubles et maisons, où les chômeurs, les enfants et les femmes au foyer sont nombreux.
"Elle semblait normale. Je ne comprends pas qu'on puisse faire ça à son bébé", commente, les larmes au yeux, une autre voisine, Aline Delamare, 18 ans. Cette jeune mère au foyer explique qu'elle a un enfant du même âge que le petit David et qu'elle est "sous le choc".
John Samson, 19 ans, chômeur, voisin du dessous et connaissance de collège d'Aline, la décrit comme une "personne comme tout le monde". "On ne la voyait pas souvent avec son enfant", raconte-t-il. Mais il affirme aussi que le petit garçon faisait des "crises": "il pleurait presque tous les jours, c'était comme si le bébé n'arrivait pas à s'arrêter".
Et sa mère, Madeleine Janvresse, une femme de 43 ans sans emploi qui habite le quartier, affirme qu'Aline Lelièvre laissait parfois son enfant seul chez elle. "Elle ne semblait pas très bien dans sa tête", ajoute-t-elle.
Au restaurant où travaillait Aline Lelièvre, une photo de David est encore affichée avec ces mots: "Avis de recherche. L'avez-vous vu?".
Un collègue de la jeune femme, qui requiert l'anonymat, la décrit comme "gentille". "On n'avait pas de problème avec elle. Elle allait être embauchée en CNE (contrat nouvelles embauches), mais elle avait annoncé qu'elle ne pourrait plus travailler ici car elle devait s'occuper de son enfant", affirme-t-il.
Une cliente, Ginette Le Glaunec, retraitée de 75 ans qui vient avec son mari une ou deux fois par semaine dans ce restaurant, se déclare "choquée et surprise". Elle ne se rappelle pas précisément de la jeune femme, mais estime qu'"elle est à plaindre", "Cette affaire va la marquer à vie. Elle a disjoncté, comme on dit".