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France

On manque de doigts dans la prise

Selon une enquête, 85% des entreprises d’électriciens de la région peinent à recruter

Les Parisiens le savent, dénicher un électricien peut être source de pétage de plombs. Et pour cause. D'après la dernière enquête de la Chambre syndicale des entreprises d'équipement électrique (CSEEE) de Paris et sa région, 85 % des 6 300 entreprises d'électriciens disent ressentir des difficultés à recruter de « bons techniciens ». Cette pénurie de compétences, qui épargne les chauffagistes et les plombiers, est particulièrement forte en Ile-de-France. Actuellement, il manquerait entre 800 et 1 000 électriciens qualifiés au compteur. Et la situation ne devrait pas s'améliorer, puisque dans les cinq ans à venir, les besoins en électriciens sont estimés entre 7 000 et 9 000 dans la région, qui en compte aujourd'hui 48 000.

« Les entreprises parviennent à trouver du personnel d'appoint avec l'intérim. Mais plus ce recours est important, moins les profils correspondent aux besoins en termes de qualification », explique le syndicat. Problème. En effet, le marché de l'installation électrique est en pleine révolution. « Hier, le métier consistait à rajouter une prise ou à régler le branchement de la machine à laver. Aujourd'hui, sur une même prise électrique, on branche la télé, le wi-fi, le haut débit, le téléphone. Il n'y a jamais eu autant de fils que depuis l'ère du sans-fil. Si bien que l'électricien doit avoir des compétences en son, en thermie et en énergie », explique Xavier Hornung, de la CSEEE.

Face à cette complexification de l'installation électrique, les clients – particuliers ou entreprises – disjonctent, et ont de plus en plus besoin d'électriciens qualifiés. Mais ces derniers peinent à répondre à l'appel, le métier d'électricien étant encore jugé peu attractif et les salaires trop bas. Pourtant, un jeune gagne 10 % de plus que le smic à la fin de son apprentissage, et 2 500 e brut au bout de dix ans de métier. « Et puis, contrairement aux autres métiers du bâtiment, on ne travaille pas dans la boue », ironise le syndicat. Les couvreurs et les miroitiers non plus. Pourtant, ils disent faire face aux mêmes problèmes de recrutement.

Laure de Charette