France

Les Français ont la conscience verte

Si une catastrophe climatique devait survenir, les Français ne pourraient même pas dire qu'ils ne savaient pas. Près de deux Français sur trois (62 %) estiment que celui « qui peut vraiment agir pour préserver l'environnement », c'est d'abord lui-mêm...

Si une catastrophe climatique devait survenir, les Français ne pourraient même pas dire qu'ils ne savaient pas. Près de deux Français sur trois (62 %) estiment que celui « qui peut vraiment agir pour préserver l'environnement », c'est d'abord lui-même, révèle un sondage 20 Minutes-RMC-LH2 réalisé pour le Manifeste 2007 (lire ci-dessous). Les actions que pourraient mener les politiques (cités à 21 %) ou les entreprises (14 %) sont jugées moins prioritaires. Beaucoup ont donc le sentiment que trier ses déchets, utiliser les transports en commun ou chauffer plus modérément son logement n'est pas vain pour la planète. « Cela montre que les campagnes de sensibilisation que nous menons depuis deux ans portent leurs fruits », se réjouit-on au cabinet de la ministre de l'Ecologie, Nelly Olin.

Au-delà du constat, comment limiter le réchauffement et ses dangers (lire ci-dessous) ? Interrogés sur les propositions à mettre en oeuvre, les sondés plébiscitent l'idée d'imposer le respect de normes environnementales avant de délivrer un permis de construire (93 % de « oui »). L'application généralisée du principe pollueur-payeur pour les entreprises fait aussi la quasi-unanimité (91 %).

De là à dire que les Français ont tous la fibre écolo, il y a un pas que les résultats du sondage ne permettent pas de franchir. Dès lors que l'on menace de toucher à leurs loisirs ou à leur confort quotidien, ils résistent. A peine plus d'un sondé sur deux (52 %) accepterait de « payer une redevance proportionnelle au poids des déchets ménagers ». Sans surprise, l'attachement à la voiture reste aussi un frein à l'enthousiasme vert. Les personnes interrogées ne sont que 53 % à se déclarer favorables à la possibilité de « faire payer plus cher les voitures qui polluent et moins cher celles qui polluent peu ». « C'est un résultat qui n'est pas si mauvais quand on connaît la réticence des Français sur ce sujet », estime-t-on dans l'entourage de Nelly Olin. Qui se souvient sans doute que le précédent ministre de l'Ecologie, Serge Lepeltier, s'était cassé les dents en tentant d'imposer un bonus-malus pour les véhicules selon leur degré de pollution.

S. C.