Jean-Jérôme Colonna, "le parrain de la Corse", est mort

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Jean-Baptiste Jérôme Colonna, dit "Jean-Jé", considéré comme le "parrain de la Corse" selon un rapport parlementaire de 1998, est mort dans un accident de voiture mercredi en Corse-du-Sud, ont indiqué les services de sécurité intérieure dans l'île.
Jean-Baptiste Jérôme Colonna, dit "Jean-Jé", considéré comme le "parrain de la Corse" selon un rapport parlementaire de 1998, est mort dans un accident de voiture mercredi en Corse-du-Sud, ont indiqué les services de sécurité intérieure dans l'île. — Olivier Laban-Mattei AFP/Archives

Jean-Baptiste Jérôme Colonna, dit "Jean-Jé", considéré comme le "parrain de la Corse" selon un rapport parlementaire de 1998, est mort dans un accident de voiture mercredi en Corse-du-Sud, ont indiqué les services de sécurité intérieure dans l'île.

L'accident s'est produit en milieu de matinée près de Porto-Pollo (Corse-du-Sud), près de Sartène. Jean-Jérôme Colonna, 67 ans, était seul au volant quand son véhicule a effectué une sortie de route au niveau d'un pont. Il est tombé dans le ravin, effectuant quelques tonneaux avant de s'enflammer, selon la même source.

D'autres automobilistes se sont arrêtés et l'ont extrait de son véhicule en flammes. Les pompiers arrivés rapidement ont constaté le décès par arrêt cardiaque, sans pouvoir pour l'heure préciser s'il était antérieur à la sortie de route ou consécutif de l'accident, a-t-on précisé. 

Dans un rapport remis en 1998 par la commission d'enquête parlementaire présidée par Jean Glavany (PS) sur "l'utilisation des fonds publics et la gestion des services publics en Corse", un responsable administratif évoquait "le groupe de Jean-Jérôme Colonna, que l'on peut considérer comme le seul parrain corse : ayant, lui aussi, assumé des activités mafieuses sur le continent, il s'est enfui en Argentine après avoir été condamné par les tribunaux à 20 ans de réclusion criminelle. Sa peine devenue forclose, il est rentré s'installer paisiblement au pays où il continue à animer un certain nombre d'activités tournant autour de l'hôtellerie, des jeux et des boîtes de nuit dans le secteur d'Ajaccio."

Le rapport notait également que Jean-Jérôme possèdait des intérêts dans le bar de l'aéroport d'Ajaccio, concédé par le précédent président de la Chambre de commerce et d'industrie, Edouard Cuttoli. Mais les propos entendus concernant M. Colonna apparaissent quelque peu contradictoires. Pour certains, le coeur de ses activités n'était pas situé en Corse, celle-ci constituant plutôt un " sanctuaire " où il se montrait particulièrement discret. D'autres, au contraire, voyaient en lui un " parrain " actif et influent, nouant des liens dans toutes les couches de la société insulaire.