Les Clodettes perdent leur combat pour récupérer des droits sur leurs chorégraphies

JUSTICE Elles réclamaient 16.000 euros chacune...

avec AFP

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Trois anciennes clodettes, Anne Lafitte (g), Lydia Ketty Naval (c) et Nadine Ligeron, alias Prisca, posent dans le studio d'enregistrement Claudia Sound à Aubervilliers.
Trois anciennes clodettes, Anne Lafitte (g), Lydia Ketty Naval (c) et Nadine Ligeron, alias Prisca, posent dans le studio d'enregistrement Claudia Sound à Aubervilliers. — V. WARTNER / 20 MINUTES

Les douze Clodettes ne toucheront pas un centime. Le tribunal de grande instance (TGI) de Paris les a déboutées ce jeudi. Elles réclamaient chacune 16.000 euros de droits pour la diffusion d'images à la télévision ou en DVD de leurs célèbres chorégraphies. La motivation du jugement n'était pas connue dans l'immédiat.

Des chorégraphies abondamment diffusées

«Les Clodettes ont eu le courage de s'attaquer à un mastodonte financier qui gère des millions d'euros dans des conditions d'opacité qu'elles dénoncent», a réagi leur avocat, Me Daniel Richard, dans un communiqué.

Aujourd'hui quinquagénaires ou sexagénaires, les plaignantes s'estimaient lésées alors que 35 ans après la mort du chanteur Claude François, disent-elles, leurs chorégraphies continuent de crever l'écran sur la TNT, qui rediffuse abondamment des images de l'époque ORTF, comme dans les multiples DVD consacrés à la légende de «Cloclo» .

«On se fait avoir»

Les 12 danseuses - celles qui ont «le plus d'ancienneté»  parmi la vingtaine qui se sont succédé aux côtés du chanteur de 1966 à 1978 - avaient assigné en février 2012 la Société de perception et de diffusion des droits des artistes-interprètes (Spedidam) devant la 3e chambre civile du TGI de Paris.

«On est toujours dans l'actualité et la Spedidam a collecté de l'argent avec la variété sans nous le reverser. On se fait avoir», avait assuré au cours de la procédure Lydia «Ketty»  Naval, ex-Clodette de 63 ans, dont six passés aux côtés de «Cloclo» , dès 1970, à l'époque de «Belinda» , «Lundi au soleil» , «Une chanson française».

«Des sommes ridicules»

Les danseuses, qui disaient avoir travaillé entre 5 et 10 ans pour le chanteur, se plaignaient de n'avoir touché que 100 à 300 euros par an de droits depuis 2010. «Des sommes ridicules»  pour leur avocat Me Daniel Richard. Selon lui, la Spedidam n'aurait fait «aucun effort»  pour identifier les participations des Clodettes aux enregistrements télévisés.

Or l'avocate de la Spedidam, Me Isabelle Wekstein, avait souligné « le manque d'informations»  sur les feuilles de présence: «Il a fallu les compléter par d'autres éléments, cela a pris du temps, mais cela a abouti».