Passagère brûlée à Marseille : les réactions

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Le président Jacques Chirac a exprimé dimanche à la famille de la jeune femme grièvement brûlée à Marseille dans l'incendie d'un bus "son horreur devant cet acte ignoble" et "l'a assurée que tout serait mis en oeuvre pour retrouver et punir avec la plus extrême sévérité les auteurs de l'agression".

Le maire de Marseille Jean-Claude Gaudin (UMP) a parlé d'un "d'acte de violence inqualifiable" : "Les auteurs de cet acte de violence inqualifiable - de très jeunes gens d'après les témoins - doivent être arrêtés par les forces de police et sévèrement punis par la justice", a-t-il déclaré. "Les personnels de la RTM (Régie des transports marseillais) sont trop souvent confrontés à de telles exactions, le maire de Marseille les soutient et demande au gouvernement de prendre les mesures nécessaires pour garantir la sécurité des zone sensibles", a-t-il ajouté.

Dominique de Villepin a annoncé une réunion lundi à Matignon sur la sécurité et les transports publics. Il a exprimé "son indignation devant cet acte de violence" et condamné "fortement les agressions contre les bus de transports publics qui mettent en danger la vie des transporteurs comme des passagers et les actes de délinquance qui ont eu lieu ces jours derniers".

Nicolas Sarkozy, qui a évoqué "une inqualifiable tentative criminelle", a lui aussi téléphoné à la famille de la jeune femme. Il a indiqué qu'il donnait au préfet "tous les moyens humains et techniques nécessaires" pour interpeller les auteurs de l'attaque.

Le Premier secrétaire du PS, François Hollande, est vivement monté au créneau contre Nicolas Sarkozy. Estimant sur Radio J que "la responsabilité" de Nicolas Sarkozy "est forcément engagée", il l'a accusé "d'être un ministre à temps partiel", en étant à la fois ministre, président de l'UMP et candidat à la présidentielle. Il a jugé que les "promesses n'ont pas été tenues" notamment en matière d'effectifs de police et de crédits aux associations dans les banlieues déplorant la suppression de la police de proximité.

Dominique Strauss-Kahn (PS) a dénoncé "un drame horrible" et "un acte absolument inqualifiable". Il a insisté sur le fait que depuis des semaines, voire des mois, "les élus de tous bords alertent" les pouvoirs publics "qui n'ont pas pris la mesure des choses".
Il a souhaité que les maires soient invités lundi à Matignon.

Le président PS de la région Ile-de-France, Jean-Paul Huchon, a qualifié cet acte de "révoltant à la limite du gangstérisme". Il a fait valoir que dans les quartiers difficiles, il y avait d'un côté beaucoup de désespérance" et "des voyous vraiment organisés".

Le Parti radical de gauche (PRG) a réclamé "100 milliards d'euros sur cinq ans" pour "un grand programme d'intégration républicaine" dans les banlieues. Qualifiant de "révoltant" l'incendie du bus, le PRG a fait valoir que "surveiller et punir" ne "sont pas à elles seules les réponses qui mettront la France à l'abri des flambées de violence ".

Les Verts ont fait part de leur "indignation". Leur porte-parole Sergio Coronado a qualifié d'"injustifiable" cet "acte (...) d'une violence inouïe dont les conséquences sont déjà dramatiques pour la vie d'une innocente". Les Verts estiment que cet acte "mérite une condamnation ferme et unanime".

Le Parti communiste "condamne avec fermeté" l'incendie, le qualifiant d'"acte de violence dont les conséquences peuvent s'avérer dramatiques".
"Les chemins de la violence n'ouvrent jamais aucune solution, ni aucune perspective. Ils ne font qu'aggraver un quotidien déjà difficile, et les victimes sont toujours, directement ou pas, ceux-là mêmes qui souffrent dans ces quartiers", ajoute le parti.

Le président du Front national, Jean-Marie Le Pen, a dénoncé un "scénario de provocation" et une "stratégie de tension", tandis que le numéro 2 du FN, Bruno Gollnisch, a évoqué la "sauvagerie quotidienne" et "l'irruption de nouveaux barbares" .

Le président du Mouvement pour la France (MPF), Philippe de Villiers : "Depuis un an, les autorités n'ont toujours pas pris la mesure de la menace qui existe dans nos banlieues, véritables zones de non-droit livrées à de jeunes sauvages", déclare-t-il, dans un communiqué. Philippe de Villiers s'en prend à "l'échec flagrant et définitif de la politique de Nicolas Sarkozy" ainsi qu'à "l'échec du laxisme socialiste".