Portrait du fumeur de joint qui va mal

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Les consommateurs reçus dans les "consultations cannabis" mises en place début 2005 sont à 80% des garçons, ont en moyenne 21 ans et font à 63% un usage régulier ou quotidien du produit psychoactif illicite le plus consommé en France, selon une étude rendue publique jeudi.
Les consommateurs reçus dans les "consultations cannabis" mises en place début 2005 sont à 80% des garçons, ont en moyenne 21 ans et font à 63% un usage régulier ou quotidien du produit psychoactif illicite le plus consommé en France, selon une étude rendue publique jeudi. — Thomas Wirth AFP/Archives

Premier bilan des « consultations cannabis ». En février 2005, le ministère des Solidarités et de la famille et la Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie (Mildt) ont créé un réseau de 280 consultations anonymes et gratuites. De mars 2005 à février 2006, 27 600 personnes, dont environ 15 200 consommateurs et 12 400 personnes de l'entourage des usagers – essentiellement des parents –, ont été accueillies. Parmi elles, 40 % étaient orientés par la justice, 30 % avaient fait une démarche personnelle et 30 % y avaient été incitées par un tiers. En 2003, à 17 et 18 ans, près d'une fille sur dix et un garçon sur cinq faisaient un usage régulier du cannabis en France. Ce bilan permet de dresser le portrait type du fumeur : ceux venus consulter sont à 80 % des garçons, ils ont en moyenne 21 ans et font à 63 % un usage régulier ou quotidien du cannabis. Un quart sont des mineurs – dont une quinzaine avait entre 10 et 13 ans – et 13 % avaient plus de 25 ans, le plus âgé ayant 59 ans.

Signe inquiétant, plus cette drogue est expérimentée jeune, plus la fréquence d'usage est élevée. Quelle que soit la tranche d'âge, plus d'un tiers des consommateurs ont ainsi fait l'objet d'un diagnostic de dépendance. Cette proportion croît avec l'âge, leur part culminant entre 29 et 34 ans (80 %). Les trois quarts des personnes venues consulter spontanément font état d'un usage nocif ou de dépendance, contre 22 % en ce qui concerne celles adressées par la justice.

Fumer un joint n'est pas un acte exclusif, cette pratique est souvent associée à la consommation de tabac et d'alcool. Dans les consultations, 90 % des usagers réguliers ont dit être également des fumeurs quotidiens de tabac et 20 % consommaient régulièrement de l'alcool.

Au cours des « consultations cannabis », la prise en charge des personnes nécessite en moyenne deux consultations. Pour ceux dont la consommation suppose un suivi, le taux d'abandon du programme est de 30 %.