La parole des banlieues à l'Assemblée

©2006 20 minutes

— 

no credit

Ils étaient peu nombreux à participer hier à la marche citoyenne d'AClefeu (association du collectif liberté, égalité, fraternité, ensemble et unis) en direction de l'Assemblée nationale et du Sénat, mais le symbole était particulièrement fort. Le collectif, créé à Clichy-sous-Bois après les émeutes des banlieues de novembre 2005, venait déposer les vingt mille doléances recueillies auprès des citoyens lors de sa tournée dans cent vingt villes. Objectif : permettre aux « gens qui souffrent, humiliés, géthoïsés, communautarisés de prendre la parole », a déclaré hier Mohamed Mechmache, président d'AClefeu.

Finalement, seule une petite délégation de l'association a pu accéder à l'Assemblée nationale, où elle a été reçue successivement par des députés communistes, UDF, UMP et PS. Les autres manifestants ont été arrêtés par une barrière de CRS un kilomètre avant la destination finale. Cela ne les a pas empêchés de continuer à s'exprimer. « Il est temps qu'on nous écoute, on ne se sent pas oubliés, on est oubliés », clamait l'un d'eux. Beaucoup affichaient leur fierté d'avoir mené à terme un tel travail de terrain.

Marie-Colombe Afota

Les doléances portent sur les discriminations, l'emploi, le logement, la justice, les pratiques policières, l'éducation, la religion, la répartition des richesses, la politique, la santé et les femmes.