Sans transports, difficile de trouver un emploi

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Claude Dilain, l'emblématique maire (PS) de Clichy-sous-Bois (93), aime donner cet exemple : « Pour aller de Clichy au centre de Paris, pourtant distants de seulement quinze kilomètres, il faut une heure trente en transports en commun. » L'enclavement de certains quartiers avait été une des raisons de l'embrasement l'an dernier. Car pas de transport, pas de travail. « Beaucoup d'employeurs demandent aux candidats venant de banlieue s'ils ont un véhicule », affirme Claude Dilain. Parfois, les patrons écartent carrément les candidats habitant près des « lignes noires », les RER B et D. En grande couronne, 80 % des habitants ont une voiture. 50 % à Paris. « Paris bénéficie du réseau de transports en commun le plus dense d'Europe. La banlieue parisienne a le réseau urbain le moins dense d'Europe », soulignait il y a peu Denis Baupin, adjoint (Verts) au maire de Paris en charge des Transports.

Marie-Jeanne Yago, une habitante de Sarcelles (Val-d'Oise) et militante associative, se bat pour une meilleure desserte des quartiers. « Pour se rendre à l'hôpital de Gonesse, c'est plus d'une heure en bus, quinze minutes en voiture. Et aucun transport de banlieue à banlieue ne relie le bassin d'emploi de Roissy. » Roissy : un pôle de 100 000 emplois directs. Occupés à 20 % par des habitants de la Seine-Saint-Denis et à 25 % par des non Franciliens. « Et la nuit, pas de transport desservant Roissy, où les métiers sont pourtant souvent à horaires décalés », souligne encore Claude Dilain. La région Ile-de-France milite avec le conseil général de Seine-Saint-Denis, pour développer la Cité de l'air et de l'espace au Bourget. « Ce projet pourrait favoriser l'emploi dans l'aérien pour les habitants et aiderait aussi à donner une meilleure image de ce territoire », précise la première vice-présidente (PS), Marie-Pierre de la Gontrie.

Mickaël Bosredon