Du sursis pour Léonie Crevel

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Elle n'ira donc pas en prison. Léonie Crevel, 80 ans, a été condamnée hier à deux ans de prison avec sursis par les assises de Seine-Maritime pour avoir tué sa fille handicapée de 41 ans afin de « mettre fin à ses souffrances », selon ses propos. « Je suis très soulagée de ne pas aller en prison », a déclaré la vieille dame à l'issue de l'audience.

L'avocate générale avait requis cinq ans de prison avec sursis. « On ne peut pas légitimer un tel acte quelles que soient les circonstances. Elle n'avait pas le droit de tuer sa fille. Ne pas le reconnaître, c'est laisser la porte ouverte à tous les débordements », avait-elle déclaré. L'avocat de Léonie Crevel avait plaidé, lui, l'acquittement.

L'accusée était jugée pour « homicide volontaire sur personne vulnérable » pour avoir étranglé, le 31 juillet 2004 dans leur maison de Tancarville, Florence, une de ses huit enfants dont elle s'occupait seule depuis plus de dix ans. Handicapée à 100 %, Florence était aveugle, épileptique, hémiplégique, grabataire, incontinente, et ne parlait plus depuis huit ans. « Elle souffrait trop, j'en avais marre de la voir souffrir », s'était justifiée Léonie Crevel.