Fabius et DSK attaquent Royal en direct

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Le ton est monté. Finis les petites politesses et les sourires faux, place aux attaques frontales. La deuxième confrontation télévisée, hier soir, entre les trois candidats socialistes aux primaires a davantage ressemblé à un vrai débat. Portant sur les questions de société, il a surtout frôlé le combat agressif entre Laurent Fabius et Dominique Strauss-Kahn d'une part, et Ségolène Royal d'autre part.

Les prises de position récentes de la favorite des sondages, en faveur de « jurys citoyens » ou d'une carte scolaire assouplie, ont été franchement attaquées par ses deux adversaires. Pour Fabius, les jurys citoyens chargés de surveiller l'action des élus sont « une espèce de populisme qui ferait le lit de l'extrême droite ». Pour DSK, l'ordre juste cher à Ségolène « n'est pas suffisant ». Pis, c'est un thème ringard car « l'avenir ne s'écrit pas au passé ».

Ségolène Royal, visage crispé et ton cassant, a tenu tête. « Si on pense que tout va bien, continuons comme ça ! », s'est-elle exclamée, laissant entendre que ses deux concurrents étaient des irresponsables. Elle a défendu ses jurys citoyens, proposant même que des Français assistent au Conseil des ministres. Sur la carte scolaire, elle a plaidé pour son « élargissement » : « Les familles doivent pouvoir choisir entre deux écoles. » Fabius a cru porter l'estocade contre Royal, rappelant que ni les jurys citoyens ni la carte scolaire ne font partie du projet socialiste. Traduction : Royal joue contre le parti. « Le projet socialiste, ce n'est pas le Petit Livre rouge, a répondu du tac au tac l'intéressée. A nous aussi d'être imaginatifs ! » Hier soir, les trois concurrents socialistes ont été, au moins, combatifs.

Bastien Bonnefous