Roissy : polémique autour des bagagistes musulmans

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Après l'annonce la semaine dernière de dépôts de plaintes pour « discrimination » dans l'affaire des bagagistes de Roissy, la polémique enfle. Samedi, le ministre de l'Intérieur a déclaré : « Je ne peux pas accepter que des gens qui ont une pratique radicale [de l'Islam] travaillent sur une plate-forme aéroportuaire ». Nicolas Sarkozy dit préférer « un risque d'un contentieux devant un tribunal, parce qu'on a été trop sévère pour une habilitation, plutôt qu'on se retrouve avec un drame parce qu'on n'a pas été assez sévère ».

« Dans la lutte contre le terrorisme, la cause de M. Sarkozy est juste, mais ses méthodes ne le sont pas », s'insurgent les défenseurs des bagagistes. Quelques dizaines d'employés de Roissy, dont une majorité de musulmans, se sont vus retirer depuis janvier leur habilitation à travailler près des pistes parce que l'unité centrale de lutte antiterroriste (Uclat) estime que ces personnes présentent « une vulnérabilité pour la sûreté de l'aéroport » ou qu'elles sont « dangereuses ».

« Depuis six ans que je travaille à Roissy, il n'y a jamais eu de problème. En juin, on nous a fermé notre salle de prière et maintenant on me dit que je suis un danger pour l'aéroport », a rétorqué l'un d'eux. La préfecture de Seine-Saint-Denis a précisé que certains auraient fréquenté des écoles coraniques jugées dangereuses en Afghanistan ou au Pakistan.

L'affaire sera plaidée en référé le 10 novembre au tribunal administratif de Cergy-Pontoise (Val-d'Oise).