Sarkozy veut envoyer les anti-flics aux assises

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Touche pas à mon flic. Nicolas Sarkozy a annoncé hier qu'il veut déposer un amendement à la loi sur la prévention de la délinquance, pour que les agresseurs de « policiers, gendarmes et pompiers » soient renvoyés devant les assises. « Ils devront savoir qu'ils iront aux assises », a déclaré le ministre de l'Intérieur, en réaction aux récentes agressions de policiers en banlieue à Epinay-sur-Seine (Seine-Saint-Denis), vendredi dernier, et à Massy (Essonne), samedi.

Le garde des Sceaux, Pascal Clément, a confirmé cette annonce, avançant la création d'une « infraction spécifique de violences volontaires sur agent », passible de quinze ans de prison contre dix aujourd'hui. L'outrage pour rébellion, délit très subjectif, passerait de six mois à un an de détention afin de punir les mineurs.

Les réactions très négatives des magistrats n'ont pas tardé. Dominique Barella, président de l'Union syndicale des magistrats, a critiqué une mesure « démagogique et inapplicable », qui conduirait à l'engorgement des assises. Celles-ci traitent déjà 3 000 affaires par an. Hélène Franco, juge pour enfant à Bobigny et membre du Syndicat de la magistrature, a fait remarquer que l'infraction la plus fréquente en banlieue était le « jet de yaourts sur les policiers ». « Va-t-on réunir une cour d'assises pour ça ? », a-t-elle demandé.

De leurs côtés, les syndicats de policiers ont dans leur ensemble soutenu la mesure demandée par Nicolas Sarkozy. Sauf l'Unsa-Police, qui a demandé d'« appliquer le code pénal, ce sera suffisant ».