Nicolas Dupont-Aignan : «La preuve de l'échec de Bruxelles»

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Interview de Nicolas Dupont-Aignan, député UMP de l'Essonne. « Noniste », président de Debout la République et auteur de Français, reprenez le pouvoir (L'Archipel).

Les personnes interrogées se sentent plus françaises qu'européennes. Cela doit vous réjouir ?

Cela montre bien que les Français sont attachés à l'Europe des Nations, qui partagent des valeurs et coopèrent en se respectant. Ils ne veulent pas de l'Europe supranationale. Je constate que depuis vingt ans, les gens ont de plus en plus ce sentiment d'appartenance à la Nation. C'est vrai partout en Europe, à part en Belgique et au Luxembourg.

A quoi attribuez-vous cette tendance ?

C'est la preuve de l'échec de Bruxelles. La Commission européenne s'occupe de réglementer des détails de la vie quotidienne et de bloquer l'émergence de projets concrets européens. Elle devrait plutôt pousser la recherche et l'innovation.

Les 18-24 ans se sentent « autant européens que français ». C'est un sentiment d'avenir ?

Non. Les plus jeunes ont toujours été sur cette ligne, mais à partir d'un certain âge, il y a une bascule.

Les Français réclament un code du travail commun. Qu'en pensez-vous ?

Ils ont compris que l'Europe telle qu'on la construit est celle du nivellement social par le bas. Ils veulent une harmonisation plutôt qu'une armée commune. Plus généralement, je constate combien les Français ont du bon sens. Ils ne sont pas hostiles à l'Europe mais veulent la réorienter. Car l'Europe des banquiers et des multinationales n'est pas leur tasse de thé. Les partis de gouvernement ne l'ont pas compris.

Recueilli par S. C.