Le manque de sommeil ne rend pas fou

(La Recherche)

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Dormir est un besoin physiologique.
Dormir est un besoin physiologique. — SUPERSTOCK / SIPA

On sait que la privation totale de sommeil conduit inéluctablement un rat à la mort, dans un délai d'environ vingt jours. Mais rend-elle fou ? En réalité, la privation de sommeil cause des troubles cognitifs et des hallucinations, mais elle ne rend pas fou au sens propre du terme.

Troubles d'élocution


Chez l'homme, l'expérience la plus extrême dans ce domaine s'est déroulée en 1964 : Randy Gardner, un Américain de 17 ans, a réussi à ne pas dormir pendant onze jours… Les scientifiques ont ainsi observé que, dès le deuxième jour, les effets de la privation se manifestent par une somnolence et une défaillance de l'accommodation visuelle, puis, à partir du troisième, voire du quatrième jour, par une irritabilité accrue. Des altérations de la mémoire et de l'attention sont aussi constatées, ainsi que des problèmes d'élocution et de coordination des mouvements. Alors, d'où vient cette idée reçue selon laquelle la privation de sommeil altérerait la santé mentale ? Reprenons l'exemple de Randy : au quatrième jour de privation, le lycéen confond un panneau de signalisation et une personne et, peu de temps après, il fait un rêve éveillé et se prend pour un grand joueur de football. Ce phénomène ressemble à une démence, mais il s'agit en fait d'hallucinations, banales chez un sujet privé de sommeil.