Hélène Mandroux : «On investit pour l'emploi»

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Quelle réalisation symbolise ce dernier mandat ?

Ce que je retiendrai, car cela engage l'avenir de Montpellier, ce sont les 35 hectares libérés par l'armée et achetés par la ville. Avec le départ de l'Ecole d'application de l'infanterie, environ 2 000 emplois ont disparu du centre-ville. Un parc de 15 hectares sera gelé et le reste permettra d'implanter des commerces, des logements et des bureaux. En son temps, Georges Frêche [le précédent maire de Montpellier] avait acheté des terrains militaires pour créer le quartier Antigone, qui a bouleversé l'équilibre de la ville.

Comment gérer la croissance démographique rapide que connaît la ville ?

Nous sommes passés de 230 000 habitants en 2004 à 260 000 aujourd'hui. C'est d'abord dû à la croissance interne : les Montpelliérains font des petits. Ce sont aussi des arrivées de personnes de l'extérieur, qui viennent de la région Languedoc-Roussillon, de Provence-Alpes-Côte d'Azur, de Midi-Pyrénées et d'Ile-de-France. Il ne s'agit pas de retraités, mais de personnes actives. Du coup, Montpellier est la première ville où les gens souhaitent réaliser un investissement immobilier, devant Toulouse et Bordeaux. Dans le contexte immobilier que l'on connaît, c'est important.

Pourtant, le taux de chômage reste élevé dans la région, et supérieur à la moyenne nationale...

On a toujours été au-dessus. Dans les couples qui arrivent, l'un a un travail et le conjoint est en attente. On crée plus d'emplois qu'ailleurs, mais avec la forte démographie, le chômage reste important. Nous allons signer 50 emplois d'avenir, et installer une cité des métiers, comme à Marseille, dans l'ancienne mairie, pour aider les jeunes à s'orienter.

Quel dossier n'est pas allé assez vite ces derniers mois, selon vous ?

La rénovation des quartiers dans le cadre de l'Anru (Agence nationale de la rénovation urbaine) : ça aurait dû durer cinq ans et se terminer en 2009. On est en 2013 et ce n'est toujours pas fait. Je me heurte à un empilement de contraintes. Je trouve la loi trop compliquée : il faudrait simplifier, clarifier les compétences entre les collectivités, à l'image de ce qui existe pour le scolaire.

Quels seront les grands dossiers des prochaines années ?

Il y aura la cité du corps humain, qui sera érigée en 2018. Cinq projets sont en concurrence aujourd'hui. Deux ZAC (zones d'aménagement concerté) vont aussi voir le jour : l'une à côté de la gare, l'autre à la Restanque. C'est un gros projet sur vingt ans. On a créé 15 000 logements depuis que je suis maire. On investit maintenant pour l'emploi. Nous allons également créer un réseau de villes de la Méditerranée, « Médiversité » pour préserver la faune et la flore de la mer. C'est quelque chose qui prendra de l'ampleur pour le prochain mandat.

Propos recueillis par

David Blanchard et Jérôme Diesnis