Son pouvoir, aider les SDF

à Valenciennes, GILLES DURAND

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Masqué et vêtu d'un sweat à capuche rouge, Avalon distribue à manger et à boire aux sans-abri de Valenciennes.
Masqué et vêtu d'un sweat à capuche rouge, Avalon distribue à manger et à boire aux sans-abri de Valenciennes. — M.LIBERT / 20 MINUTES

Les héros costumés comme Iron Man n'existent pas que sur le papier ou au cinéma. A Valenciennes (Nord), depuis plusieurs mois, il y en a deux, baptisés « l'Arpenteur » et « Avalon ». Quand il patrouille, ce dernier circule masqué avec un sweat à capuche rouge. Etudiant en anglais dans le civil, ce Real Life Super Hero (lire ci-dessous) appartient au collectif les Défenseurs de France. Leur devise : faire de la France un pays plus sûr et plus juste. Avalon fait plutôt parler le cœur que les muscles. Avec une pointe de timidité. « On n'en fait pas assez pour aider les sans-abri », regrette-t-il. Alors, dès que son emploi du temps le lui permet, le jour ou la nuit, il achète sandwichs et bouteilles d'eau et part les distribuer. « Les sans-abri me racontent un peu leur vie, glisse-t-il. Une fois, il y en a un qui a eu peur du masque. »

« Une fois, la police m'a arrêté »


Devant un supermarché, il retrouve Johnny, qu'il croise régulièrement. «Tu devrais aller voir un squat près de la gare. Si tu peux les aider…», suggère le SDF. Quelques mots, une poignée de main. «Je n'ai pas trop le temps, là, coupe Johnny. Je dois aller faire la manche. » Etape suivante : un pont. Au bord de l'eau, plusieurs couvertures entassées témoignent d'un refuge de fortune. Avalon y dépose une bouteille d'eau et quelques barres de céréales, accompagnées d'un petit mot.

Sa véritable identité, il la cache à tout le monde, sauf à son amie. « Parfois, je croise certains SDF sans mon costume, ils ne me reconnaissent pas, s'amuse-t-il. Une fois, la police m'a arrêté à cause du masque. Mais quand je leur ai expliqué, ça s'est bien passé. » Récemment, il a passé son brevet de secouriste. « Ça peut aider », assure-t-il. Il envisage aussi d'apprendre un sport de combat. Et que pensent les passants qu'il croise lorsqu'il est masqué ? « Hélas, je crois qu'ils s'en fichent».