Aux Antilles, le temps est à l'orage

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Le voyage ne s'annonce pas de tout repos. Le Premier ministre doit arriver cette nuit aux Antilles – son déplacement ayant été décalé à la suite de l'accident ferroviaire en Lorraine (voir p. 8) – pour un séjour de 48 heures.

Cette visite est la première d'un chef de gouvernement depuis celle de Lionel Jospin en 2002. Dominique de Villepin est particulièrement attendu sur place. Un comité d'accueil avec des actions coups de poing était même prévu. La raison ? Depuis 2004, les crédits en faveur de la Martinique et de la Guadeloupe ont baissé. Associations et élus locaux accusent le plan Borloo d'avoir en particulier deshabillé les pauvres d'Outre-Mer pour habiller les banlieues de métropole. Le Collectifdom, puissante association représentant Antillais, Guyanais et Réunionnais, estime que la dette de l'Etat vis-à-vis des opérateurs sociaux s'élève cette année à « 100 millions d'euros ». Le message est passé auprès de Matignon qui a fait fuiter que les arbitrages budgétaires seront favorables aux Antillais. Villepin doit notamment annoncer des crédits supplémentaires en faveur du logement social. Le boycott du rendez-vous avec Villepin et les opérations coups de poing ont donc été annulés au dernier moment. Le logement constitue le noeud de la discorde, Collectifdom estime que 200 000 personnes vivent dans des bidonvilles sans eau ni électricité.

Ce voyage a également une portée politique. Après un premier échec, Nicolas Sarkozy a marqué des points lors de sa dernière visite en mars. Les associations en sont très conscientes. « Nous représentons plusieurs millions d'électeurs or on doit s'inscrire dans un rapport de force pour obtenir quelque chose », reconnaît un dirigeant. Une chance pour eux, le vote du budget du ministère de l'Outre-Mer est discuté dans un mois, soit encore plus près de la présidentielle.

Arnaud Sagnard

Ségolène Royal, candidate à l'investiture du PS pour 2007, est pour deux jours à la Réunion afin de « voir les gens et écouter ».