La loi de moralisation suscite un vent de fronde

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Et s'ils n'acceptaient pas les lois de Matignon sans broncher ? Mardi, le groupe PS à l'Assemblée nationale a voté contre l'idée de publier les patrimoines de tous les parlementaires, préférant laisser la responsabilité de ce choix à la future haute autorité indépendante. «Vous ne trouverez dans aucun pays d'Europe de publicité totale des déclarations des élus», a expliqué à l'AFP, Thierry Mandon, l'un des porte-parole du groupe. A l'instar de Claude Bartolone, président de l'Assemblée, qui a parlé de «voyeurisme» au sujet de cette publication, de nombreux députés veulent faire plier Matignon : «Avec les prises de position de Bartolone, il faudra bien qu'ils constatent que certaines choses ne passeront pas», lâche l'un d'entre eux.

Un statut des élus à renforcer


En contrepartie, les députés veulent que soit amélioré le «statut de l'élu», un des vieux serpents de mer de la politique. L'ambition est de renforcer le cadre juridique des fonctions électives. De la hausse des indemnités pour les élus locaux aux aides pour faciliter le retour à la vie professionnelle, les pistes de réflexion sont nombreuses. «J'ai envie que nous allions vite. Pour être transparent, il faut que notre fonction soit bien comprise. Il faut donc simplifier», explique Philippe Doucet, député PS et président d'une mission d'information sur le statut de l'élu mise en place le 27 mars, avant l'affaire Cahuzac.

Selon certains députés, la création d'un statut renforcé permettrait également d'attirer plus de personnes issues du privé, alors que l'exécutif voudrait écarter certains métiers du Parlement (lire ci-contre). «Il y a quelque chose de noble à se mettre au service de son pays. Les gens voudraient que nous nous mettions gratuitement au service de l'Etat. Mais si nous faisons cela, comment attirer des gens de qualité», s'interroge le corapporteur de cette mission, le député UMP Philippe Gosselin. M. GO.

■ Le gouvernement précise ses ambitions

Najat Vallaud-Belkacem a confirmé, mardi, sur BFMTV, que la loi de moralisation de la vie publique comprendrait des métiers à suspendre pendant tout mandat parlementaire. La porte-parole du gouvernement a évoqué le métier d'avocat d'affaires, « extrêmement problématique ».