Laurent Fabius, candidat très gauche

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Lolo veut y croire. Malgré les sondages et l'OPA royaliste sur l'appareil du PS, Laurent Fabius bat toujours la campagne. A six semaines du premier tour des primaires socialistes pour la présidentielle, l'ex-Premier ministre, ex-ministre de l'Economie et ex-président de l'Assemblée nationale se moque comme de son premier portefeuille d'être toujours à vingt points derrière la députée des Deux-Sèvres dans les sondages. Face à Dominique Strauss-Kahn le social-démocrate et Ségolène Royal la « démocrate participative », lui a choisi de se convertir en gauchiste du PS, porté par le « non » au référendum européen de mai 2005.

Fidèle à la stratégie mitterrandienne selon laquelle le parti se prend à gauche, il fustige « les salaires de misère et les cadences insupportables » et multiplie les positions sur les problèmes internationaux (nucléaire iranien, conflit au Moyen-Orient) face à la « démago » Ségo qui ne traiterait que du petit quotidien des Français.

Pour 2007, Fabius estimait que vu son parcours, son tour était venu. Pourtant, Royal lui a raflé l'appui des barons des grandes fédérations du parti, disposant d'une trentaine de noms face à la douzaine fabiusienne. Après le soutien ce week-end d'une partie du Nouveau Parti socialiste, Fabius espère toujours rallier son frère ennemi, Lionel Jospin, mu par le réflexe « Tout sauf Ségolène ».

B. B.