Ne plus avoir les ados à dos

delphine bancaud
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Le besoin d'autonomie des adolescents se heurte à l'autorité des parents.
Le besoin d'autonomie des adolescents se heurte à l'autorité des parents. — ANGOT / SIPA


«Des revendications sans limites, la surenchère permanente de la consommation à outrance, la violence verbale, les reproches et, tout au bout, la haine ?» Stéphane, le personnage principal d'Un père en colère*, décrit ses relations avec ses enfants adolescents dans un roman qui vient de paraître. Un récit fondé sur des témoignages réels, qui dépeint des parents déboussolés face à leurs ados.



« La pédagogie de la négociation »



Ce phénomène n'est pas rare, selon Michel Fize, sociologue au CNRS. «Les adolescents le sont de plus en plus tôt. Ils souhaitent obtenir une certaine indépendance face à des parents attachés à leur pouvoir. Ces derniers n'ont pas compris qu'on était passé d'une société d'autorité verticale à une société démocratique. Pour se faire entendre par des ados, il faut les convaincre.» Ces conflits sont aggravés par les difficultés économiques, professionnelles et conjugales des parents. D'où leur impression d'avoir à se battre sur tous les fronts et leur manque de disponibilité. «Le temps qu'ils passent avec leurs ados est surtout consacré à l'interrogatoire scolaire, alors qu'il faudrait créer des espaces de dialogue pour débriefer tous les pans de leur vie », souligne Michel Fize. 

Mais il existe des solutions pour fluidifier les rapports. Exemple : les réseaux d'écoute, d'appui et d'accompagnement des parents, qui les soutiennent dans leur rôle depuis 1998. «Cela peut les aider à dédramatiser et à changer leur regard sur l'adolescent. C'est aussi un moyen d'apprendre»la pédagogie de la négociation«, car les parents ne doivent plus imposer leurs desiderata, mais les discuter», conclut Michel Fize.