Le café-clope n'a plus qu'un an à vivre

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Il était environ 18 h 30, hier soir, lorsque le Premier ministre, Dominique de Villepin, a annoncé aux Français la fin d'une époque. A compter du 1er février 2007, il sera interdit de fumer dans presque tous les endroits accueillant du public. C'est-à-dire principalement les lieux de travail, de santé et d'éducation (lycées, universités...). Et surtout, à partir du 1er janvier 2008, la cigarette sera réellement bannie de tous les lieux publics, y compris des bars-tabacs, discothèques, restaurants et cafés, qui bénéficient d'un délai pour s'adapter. « Il restera possible de fumer dans la rue et les lieux privés », a cru bon de souligner le Premier ministre.

Détail important, l'interdiction s'arrêtera à la porte de certaines chambres d'hôtel ou d'établissements de soins comme les maisons de retraite. Aux patrons et à leur règlement intérieur d'en décider. Les chambres sont, en effet, considérées comme des « espaces privatifs », et aucune loi ne peut changer la donne, ont constaté les juristes interrogés par le gouvernement.

Autre nuance à cette interdiction, une pièce fumoir équipée d'un extracteur de fumée pourra être installée par tout établissement qui le désire.

Après trente ans de tergiversations, marqués par des lois difficiles à appliquer, la santé publique a donc prévalu. « Plus de treize morts par jour, c'est une réalité insupportable dans notre pays », a justifié Dominique de Villepin en référence aux cinq mille décès annuels attribués au tabagisme passif.

L'autre « réalité insupportable », qui menaçait le Premier ministre, était d'être accusé de lâcheté s'il n'avait pas pris cette mesure réclamée par trois Français sur quatre, mais honnie par les buralistes (lire ci-dessous).

S. Colineau

Le gouvernement a annoncé hier des aides pour l'achat de traitements en faveur des fumeurs désireux d'arrêter. Le premier des trois mois sera pris en charge par la Sécurité sociale « parce que le premier mois est décisif ».