Le coup à trois bandes de Bernard Tapie

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La Cour de cassation met un terme lundi au litige opposant Bernard Tapie au CDR, l'organisme en charge du passif du Crédit Lyonnais, l'occasion d'un spectaculaire rebond pour l'ancien homme d'affaires en faveur duquel le parquet général s'est prononcé.
La Cour de cassation met un terme lundi au litige opposant Bernard Tapie au CDR, l'organisme en charge du passif du Crédit Lyonnais, l'occasion d'un spectaculaire rebond pour l'ancien homme d'affaires en faveur duquel le parquet général s'est prononcé. — Jack Guez AFP/Archives

Une décennie de procédures judiciaires va toucher à sa fin. C'est aujourd'hui que la Cour de cassation se prononce au sujet du différend qui oppose Bernard Tapie au consortium de réalisation (CDR), organisme chargé de la gestion du passif du Crédit Lyonnais après sa demi-faillite en 1993.

La justice pourrait finalement accorder l'indemnisation de 135 millions d'euros à l'homme d'affaires, contestée par le CDR. C'est en tout cas l'avis rendu vendredi par le parquet général. Selon les magistrats, le Crédit Lyonnais a failli à ses engagements lors de la cession du groupe Adidas, dont Bernard Tapie avait pris le contrôle en 1990, à Robert Louis-Dreyfus en 1993-1994. La banque aurait dû, selon le parquet général, délivrer des informations au groupe Tapie sur les négociations menées avec Louis-Dreyfus. Les parts de Tapie dans la société d'équipements sportifs avaient été cédées pour 318 millions d'euros avant qu'une filiale du Crédit Lyonnais ne les cède à Dreyfus pour 708 millions d'euros. Celui-ci faisant finalement valoriser Adidas en Bourse à hauteur de 1,6 milliard d'euros en 1995. La cour d'appel avait reconnu en septembre 2005 la faute, mais avait dans le même temps commis une erreur dans l'estimation du montant des dommages-intérêts alloués à l'homme d'affaires, 135 millions d'euros au lieu de 145.

Hier, l'intéressé affirmait au Journal du Dimanche que si la Cour de cassation lui donnait raison il serait « en mesure de régler la totalité du passif du groupe [Tapie], environ 160 millions d'euros et de [se] remettre à flot » en vendant également les actifs qui lui restent, notamment le célèbre hôtel particulier de la rue des Saints-Pères à Paris.

A. S.

Aujourd'hui, à 63 ans, l'ancien ministre de la Ville du gouvernement Bérégovoy assure qu'on le « verra et entendra » lors de la campagne pour l'élection présidentielle, notamment à la télévision.