«Cette mesure va précipiter les fermetures d'établissements»

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Ils réclamaient cinq ans pour s'adapter à l'interdiction de fumer, ils auront un peu plus d'un an. A peine la nouvelle était-elle officielle, hier, que des patrons de bar-tabac furieux parlaient de « mobilisation », rejoints en cela par des représentants des métiers de l'hôtellerie. « Nos élus vont se réunir pour décider des modalités d'une mobilisation des 31 000 buralistes de France », a annoncé dans un communiqué la Confédération des buralistes. « Cette mesure va précipiter les fermetures d'établissements, notamment dans les zones rurales où ils constituent le dernier point de convivialité et d'activité commerciale. » Depuis 2003, les ventes de tabac ont chuté de 32 % en raison de la hausse des prix. Au total, 1 500 bureaux, principalement frontaliers, ont fermé.

Dans ce contexte, ce n'est pas la possibilité d'installer des fumoirs qui pouvait rasséréner les buralistes. Un tel dispositif, très encadré par la loi, s'annonce difficile à mettre en oeuvre. « C'est très coûteux. Tout le monde ne pourra pas se l'offrir », convenait-on hier à Matignon. Entre 2 % et 5 % des établissements dits « de convivialité » concernés par la loi, restaurants et hôtels compris, devraient être assez solides pour s'équiper, et éviter ainsi les 150 e d'amendes (75 e pour les particuliers) qui menacent les contrevenants.

Reste qu'en réalité, les professionnels n'imaginaient pas une autre issue que l'interdiction. Leur situation légale est délicate depuis longtemps déjà. La justice donne systématiquement raison à leurs salariés qui portent plainte pour tabagisme passif. Ce sont donc des aides que les buralistes tentent d'obtenir. « Des solutions de rechange » seront proposées pour maintenir leurs chiffres d'affaires, a promis le gouvernement. En ligne de mire, une mutation du métier. Pour survivre, les débitants de tabac pourraient bientôt vendre des DVD, des jeux ou de la parapharmacie.

S. C.