L'armée de l'air a besoin d'elle pour voler

Alexandre Sulzer

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Sortie major de sa promotion, Claire Mérouze a pu choisir de voler sur Rafale.
Sortie major de sa promotion, Claire Mérouze a pu choisir de voler sur Rafale. — A. SULZER / 20 MINUTES

Sous son casque et sa tenue, impossible de distinguer la capitaine Claire Mérouze des autres pilotes de Rafale. Pourtant, cette Bordelaise de 27 ans est la seule femme à piloter l'avion fleuron de l'armée de l'air. Un exemple, alors que se tient ce vendredi le forum Elle Active ! consacré aux obstacles à la carrière des femmes, et une « fierté » pour cette fille de militaire biberonnée aux meetings aériens dès le plus jeune âge.

Pilote de chasse, elle voulait le devenir depuis toujours, mais son entourage « n'y croyait pas ». En septembre 2005, elle réussit le concours de l'Ecole de l'air de Salon-de-Provence (Bouches-du-Rhône). Il lui faudra cinq ans pour être brevetée sur avion de chasse – elle est la 12e femme en France à l'être – et finir major de sa promotion à la base aérienne de Cazaux (Gironde). Une place de choix qui lui ouvre le cockpit du Rafale. « C'est le top, le plus perfectionné, rappelle-t-elle. Il sera projeté sur tous les terrains d'opérations. »

« Un milieu masculin, mais pas misogyne »


Depuis, elle apprend les caractéristiques de cet avion à la base aérienne de Saint-Dizier (Haute-Marne). Ses collègues lui font-ils autant confiance qu'à un homme ? « Je ne sais pas, il me faudra passer l'épreuve du feu, répond-elle. Les mentalités ont cependant évolué depuis 1999 [date à laquelle une femme est devenue pilote de chasse pour la première fois]. » Claire décrit « un milieu masculin mais pas misogyne ». « Ça reste majoritairement un métier d'hommes, prévient-elle. Il y aura toujours moins de femmes pour aller faire la guerre. »

Ce qui ne l'empêche pas de se réjouir de voir beaucoup de jeunes filles venir à Saint-Dizier pour se renseigner sur la profession. « Je les mets en garde car ça demande beaucoup de sacrifices. C'est un choix de vie », souligne-t-elle. Il faut, par exemple, renoncer, tant que l'on vole, à avoir des enfants. « J'ai fait primer ma carrière. Et oui, c'est difficile », glisse celle qui n'est « ni pacsée ni fiancée. Et loin de l'être. » Claire n'est pas près de se poser.