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Un autiste devenu acteur de sa vie

Un autiste devenu acteur de sa vie

Portrait Pour la journée mondiale de la maladie, ce mardi, « 20 Minutes » a rencontré Hugo Horiot
Hugo Horiot n'a commencé à parler qu'à l'âge de 7 ans.
Hugo Horiot n'a commencé à parler qu'à l'âge de 7 ans.  - A. GELEBART / 20 MINUTES
vincent Colas

vincent Colas


Comédien, réalisateur et, aujourd'hui, écrivain. Rien dans le CV d'Hugo Horiot ne laisse penser qu'il a un jour été un enfant autiste atteint du syndrome d'Asperger. Même pas son livre, L'empereur, c'est moi*, sorti quelques jours avant la journée mondiale de l'autisme, qui a lieu ce mardi, où le mot n'apparaît pas une fois. Délibérément. « Je n'ai pas vocation à parler de l'autisme : je parle d'un parcours qui fut le mien », explique le trentenaire.



« Insoupçonnable »



A 4 ans, Julien, son nom de baptême, a déjà conscience de la mort et de Dieu. Il ne parle pas, même s'il sait déjà compter et lire. Il se considère comme « un être humain de seconde catégorie ». Trois ans plus tard, il enferme Julien « sous une chape de plomb », devient Hugo et commence à parler. C'est son « premier déclic ». A 15 ans, il n'a plus de symptôme visible : il est devenu « insoupçonnable ». Notamment grâce à sa mère, Françoise Lefèvre, auteur du Petit Prince cannibale (Actes Sud), prix Goncourt des lycéens en 1990, qui lui a tendu des « pièges » pour l'amener à parler. Mais surtout grâce au théâtre, qui lui procure « un bonheur intellectuel et physique » et lui permet de rencontrer des filles. Aujourd'hui, Hugo est « toujours entièrement d'accord avec Julien », sauf que lui a appris à faire des compromis. Et il va être père pour la première fois dans une semaine ou deux. Si son enfant est autiste, il ira « partout, sauf ici [en France], où on fait tout pour que ça n'existe pas ».

■ 600 000 malades en France

L'autisme, qui touche 600 000 personnes en France selon la ministre Marie-Arlette Carlotti, a été déclaré Grande Cause nationale 2012. Mais cela n'a rien changé, d'après Autisme France, qui réclame notamment la scolarisation au sein de l'Education nationale et l'arrêt du « packing », qui consiste à envelopper un malade de linges froids.