Pourquoi le FN a fait un bon score

— 

A un cheveu, ou plutôt à 769 voix près, Florence Italiani, la candidate FN, a failli remporter son duel face à l'UMP sortant Jean-François Mancel dans la législative partielle de la 2e circonscription de l'Oise. Une surprise tant le FN a progressé entre les deux tours, avec 6 000 voix de plus. Mais certains « facteurs locaux » peuvent expliquer cette dynamique, explique Vincent Tiberj, chercheur au Cevipof (centre de recherches politiques de Sciences-Po)et spécialiste des comportements électoraux : la circonscription est « typique de la zone périurbaine, où le vote FN a considérablement augmenté ces dernières années ».

« Désextrémisation du FN »


Et le bon score surprise au premier tour, où la candidate PS a été éliminée, a pu mobiliser l'électorat frontiste. « Le noyau dur de l'électorat frontiste s'est déplacé au premier tour et comme c'est apparu jouable, ça a entraîné une mobilisation au second tour », explique le chercheur. Brice Teinturier, directeur délégué général d'Ipsos, parle de « dynamique » en faveur du FN car, d'après lui, même si la participation est restée faible – autour de 35 % –, « de nouveaux électeurs se sont déplacés au second tour ». C'est tout sauf un hasard, d'après le sondeur. « Il y a une évolution globale de la société qui tend au repli par rapport à l'Europe, la mondialisation et à une hausse de l'islamophobie. Et il y a aussi la désextrémisation du FN », notamment sous l'effet de Marine Le Pen, qui a axé son discours sur d'autres thématiques que l'immigration. Maud Pierron