A Cachan, des grévistes «prêts à mourir»

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"On ne va pas arrêter. Soit on existe avec dignité, soit on meurt en paix". Allongé sur un matelas, Othmane Rouane, l'un des six expulsés du squat de Cachan (Val-de-Marne) en grève de la faim, se disait déterminé lundi à poursuivre son mouvement, malgré l'hospitalisation de deux d'entre eux dans un état grave.
"On ne va pas arrêter. Soit on existe avec dignité, soit on meurt en paix". Allongé sur un matelas, Othmane Rouane, l'un des six expulsés du squat de Cachan (Val-de-Marne) en grève de la faim, se disait déterminé lundi à poursuivre son mouvement, malgré l'hospitalisation de deux d'entre eux dans un état grave. — Jean Ayissi AFP/Archives

« Je suis au bord de la falaise. » Othmane Rouane, l'un des six grévistes de la faim de Cachan, reste déterminé. Malgré son affaiblissement, c'est lui qui ouvre la porte du vestiaire dans lequel il entame, avec trois autres grévistes, son 43e jour de jeûne. Au départ, ils étaient six, mais deux d'entre eux ont été hospitalisés lundi matin dans un état très préoccupant. Othmane Rouane sait qu'il risque de mourir. Qu'importe, il continuera la grève de la faim. « Je peux réfléchir à la suspendre s'il y a un vrai dialogue avec les autorités et si les sans-papiers sont régularisés. Il y a des femmes et des enfants fragiles, chacun a besoin d'une solution. » Son épouse, elle, ne quitte pas les abords du vestiaire. « Il faut qu'il continue », lance-t-elle émue.

Le médecin qui vient deux fois par jour rendre visite aux grévistes explique « qu'au-delà de quarante jours de jeûne, les risques sont considérablement accrus ». Un discours qui ne décourage pas les hommes, une dizaine, qui depuis lundi se portent volontaires pour éventuellement remplacer les deux grévistes hospitalisés. Edrissa, 34 ans, assure qu'il « est prêt à mourir, à se sacrifier ». D'autres tentent de le convaincre que « ce serait idiot de se tuer pour un bout de papier ». Il reste ferme. « Chacun est libre de penser ce qu'il veut. »

Marie-Colombe Afota

Nicolas Sarkozy a accusé des « associations politisées irresponsables » d'« utiliser la misère de malheureux ». Il a ajouté que « ceux qui n'ont pas de papiers n'ont pas vocation à rester en France ».