Les lycées professionnels, foyers de violences

DELPHINE BANCAUD

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Les lycées professionnels affichent le plus fort taux d'actes violents.
Les lycées professionnels affichent le plus fort taux d'actes violents. — PELE / SIPA

Le jeune de 15 ans, poignardé mardi dans un lycée professionnel de Blaye (Gironde) par un autre élève, est mort dans la nuit de mercredi à jeudi. Mardi également, un adolescent a été blessé à l'arme blanche devant un lycée professionnel à Yerres (Essonne). Des faits divers qui rappellent une triste réalité : les lycées professionnels sont les établissements affichant le plus fort taux d'actes violents (violences verbales, atteintes à la sécurité…), même si les agressions sont rarement aussi graves.

« Difficultés scolaires et sociales »


Selon les chiffres de l'enquête Sivis de l'Education nationale publiée en novembre 2012, on a dénombré 19, 6 incidents violents pour 1 000 élèves en 2011-2012 dans les lycées professionnels, contre 17, 4 en 2010-2011. En outre, dans l'enquête de victimisation réalisée auprès des personnels du second degré de la rentrée scolaire 2 012 au 24 février 2013, 37, 1 % des personnes travaillant en lycée professionnel estiment qu'il y a de la violence dans leur établissement, contre 14 % de leurs confrères exerçant en lycées d'enseignement général.

Une situation qu'explique Jean-Remi Girard, secrétaire national à la pédagogie du Syndical national des lycées et collèges (Snalc-FGAF), en partie par des données sociologiques : «Les jeunes accueillis dans ces lycées sont souvent des élèves cabossés par la vie, qui cumulent les difficultés scolaires et sociales.» Autre explication avancée par Michel Richard, secrétaire général adjoint du syndicat des personnels de direction de l'Education nationale (SPDEN) : «Certains élèves se retrouvent dans une filière qu'ils n'avaient pas choisie. Une orientation subie, souvent mal vécue, qui génère parfois une perte de repères.» Reste que les actes «individuels irrationnels comme celui de Blaye sont malgré tout rarissimes», souligne-t-il.

■ prévention

Pour renforcer la présence des adultes dans les établissements les plus exposés à la violence, le ministère de l'Education a créé 500 postes d'assistants de prévention et de sécurité en 2012.