Heaulme, « un suspect idéal »

Vincent Vantighem

— 

Francis Heaulme.
Francis Heaulme. — C. HARTMANN / SIPA

Il est déjà passé six fois devant une cour d'assises. A été reconnu coupable dans huit affaires de meurtre. Et condamné deux fois à la réclusion criminelle à perpétuité. Emprisonné depuis 1992, Francis Heaulme a été renvoyé, jeudi, devant une cour d'assises. Cette fois, il est accusé d'avoir tué deux enfants de Montigny-lès-Metz à coups de pierre en 1986.

Le doute d'une famille de victime


Célèbre pour la violence des faits, « l'affaire de Montigny » l'est aussi pour l'acquittement, en 2002, de Patrick Dils, condamné à tort dans un premier temps. En blanchissant Patrick Dils, les enquêteurs se sont rendu compte que le double meurtre portait la « quasi-signature criminelle » de Francis Heaulme. Pour autant, son renvoi devant les assises ne satisfait pas la famille d'Alexandre Beckrich, l'une des deux petites victimes. « Depuis le départ, mes clients pensent que Francis Heaulme n'a rien à voir dans cette histoire, confie l'avocat Dominique Rondu. Ils craignent qu'il ne soit qu'un coupable de substitution, un suspect idéal… »

Les éléments du dossier sont pourtant troublants. « Le routard du crime » a reconnu qu'il s'était promené sur le lieu du drame ce jour-là et qu'il avait même retourné le corps d'un des enfants. « Cet argument est malhonnête, confie Liliane Glock, son avocate. Heaulme habitait à côté. C'est normal qu'il connaisse le secteur… » Reste les traces de sang coagulé qu'il portait, selon le témoignage de deux pêcheurs, sur le visage ce jour-là. « Vu les projections, il aurait dû en avoir aussi sur les vêtements. Il a très bien pu tomber, comme il l'a toujours assuré », estime Dominique Rondu. Condamné à perpétuité, Heaulme n'aurait aussi rien à gagner à nier un meurtre qu'il a commis. « Moi mon style, c'est l'Opinel, a-t-il toujours dit. Et j'étrangle à mains nues. Montigny, c'est pas moi… »

■ cassation

« Nous devrions contester le renvoi aux assises devant la Cour de cassation », a confié, jeudi, Liliane Glock, l'avocate de Francis Heaulme, qui devait encore s'entretenir de ce choix avec son client. Elle dispose de cinq jours ouvrables pour cela.