Villepin et Sarkozy soignent leur posture

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Nicolas Sarkozy et Dominique de Villepin ont rivalisé d'amabilités envers les députés et sénateurs de la majorité, réunis hier pour la journée parlementaire de l'UMP. Le premier leur a déclaré « n'avoir jamais eu autant besoin » d'eux, et le second n'a eu qu'« un seul mot à dire : merci ». Alors que tous les responsables se félicitaient d'avoir franchi l'écueil du projet de loi privatisant GDF, on a surtout parlé unité lors de cette journée. Il faut dire qu'il s'agissait du dernier grand rendez-vous de ce type avant les échéances électorales. Après, ce sera chacun pour soi.

Bernard Accoyer, président du groupe UMP, a demandé à tous de ne pas se « laisser aller à des chamailleries, de ne pas ressasser les affrontements du passé, ou pratiquer la politique du pire, par calcul à courte vue... » Mais Yves Jégo, proche de Sarkozy de rappeler aussi que « les consignes valent pour tout le monde », référence explicite aux récentes critiques de Dominique de Villepin, adressées au ministre de l'Intérieur. Pour leurs discours, le président de l'UMP et le Premier ministre ont adopté des postures de presque présidentiables.

En faisant le bilan de l'action gouvernementale mais en insistant sur la nécessité d'une rupture, Nicolas Sarkozy a surtout voulu démontrer qu'il n'y avait qu'un seul candidat possible. Lui, probablement, et sûrement pas le chef de l'Etat. « La continuité, ce n'est pas la voie à prendre », a expliqué le président du parti en rappelant que « pas une majorité ne s'est succédé à elle-même ».

Dominique de Villepin, de son côté, a promis de manière ambiguë qu'il soutiendra « celui qui portera nos couleurs ». Sans citer le nom de Sarkozy et en expliquant que, pour lui, le fait que Chirac se positionne après que le candidat de l'UMP aura été désigné rend le calendrier plus clair. Ce n'est pas le cas pour tout le monde.

David Carzon

Jean-Pierre Raffarin a détonné hier en assurant que Nicolas Sarkozy devait quitter le gouvernement. Mais sans préciser quand.