Un contrôle routier dérape aux Mureaux

©2006 20 minutes

— 

Sept policiers ont été blessés dimanche soir dans des affrontements avec des jeunes de la cité des Musiciens, aux Mureaux (Yvelines). Le refus d'un conducteur de se soumettre à un contrôle routier a été, selon la police, le point de départ des violences. Poursuivi par les voitures des forces de l'ordre, il aurait tenté de s'enfuir, avant d'entrer en collision avec un autre véhicule de police qui lui barrait la route. Sur le chemin du commissariat, les policiers ont été attaqués par 130 jeunes, d'après le parquet de Versailles, 250 selon les forces de l'ordre. Les sept fonctionnaires malmenés ont été légèrement brûlés par du gaz lacrymogène, et contusionnés par les coups et les jets de pierres, avant de réussir à quitter les lieux.

Hier, la cité des Musiciens est redevenue paisible en apparence. Sur place, les témoignages diffèrent de ceux émis par les sources officielles : on estime ainsi dans le quartier que seulement « entre vingt et cinquante » personnes ont participé aux violences. Des adolescents qui disent avoir assisté à la scène affirment que les policiers ont « maltraité » le conducteur en infraction. « Quand un jeune se fait taper, on ne dit rien, mais quand c'est un policier, on en fait toute une histoire », explique l'un d'eux. Ils ajoutent que les affrontements n'ont pas été préparés, mais que « c'est la violence des policiers qui a ramené du monde ». Les autres habitants du quartier ne commentent pas ouvertement les faits de la veille. « C'est la loi du silence, confie un résident. Tout le monde se connaît ici. Si on sait que tu as parlé, tu peux très vite avoir des problèmes. »

Pour autant, personne ne semble croire au retour des émeutes. « Il y a souvent des jets de pierres, des voitures qui brûlent de temps en temps, mais ici, c'est habituel », déclare l'épicier du quartier sur un ton blasé. Et de rajouter : « C'est beaucoup plus calme qu'avant. »

Marie-Colombe Afota

Le 19 septembre, deux CRS ont été agressés dans la cité des Tarterêts à Corbeil-Essonnes. La thèse du « guet-apens », jusque-là privilégiée, a été écartée hier, selon des proches de l'enquête cités par l'AFP. D'autres agressions de policiers ont été recensées ces derniers jours, à Toulouse (Haute-Garonne), Clichy- la-Garenne (Hauts- de-Seine) et Vitrolles (Bouches-du-Rhône). Les syndicats policiers déplorent le « manque de moyens » et le développement d'un « racisme anti-flics ».