A Vitrolles, Royal lance sa campagne interne

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Ça se décante. Comme prévu, Ségolène Royal a annoncé, vendredi soir à Vitrolles, sa candidature à l'investiture du Parti socialiste pour la présidentielle de 2007. « Oui, j'accepte d'assumer cette mission de conquête pour la France et les épreuves qui vont avec et dont je veux protéger ma famille », a déclaré la présidente de Poitou-Charentes, référence implicite aux révélations sur son frère (lire ci-contre).

Le choix de Vitrolles pour cette annonce officielle n'a rien d'innocent puisque, en 2002, le PS y a repris le pouvoir des mains du Front national. Parmi les nombreux élus locaux venus soutenir la députée des Deux-Sèvres : Jean-Noël Guérini, Michel Vauzelle ou Patrick Mennucci. Arnaud Montebourg, le député de Saône-et-Loire, avait également fait le déplacement.

Après avoir fustigé la politique de la droite et cité le groupe marseillais I Am (« inventer le futur plutôt que sampler le passé »), Ségolène Royal, pas très à l'aise, a invité les militants à la suivre, dépassant le simple cadre de l'investiture socialiste.

Si la plupart sont depuis longtemps sous le charme, Fadou, 25 ans, lui reproche « son manque de propositions concrètes et son discours creux ». « C'est encore trop tôt. Attendons qu'elle débatte pour la juger. Elle prendra position au fur et à mesure », répond, sereine, Fathia.

Et il faudra bien qu'elle se dévoile un peu plus car, de leurs côtés, ses adversaires fourbissent armes et arguments. Alors que François Hollande a indiqué vendredi qu'il ne serait pas « un candidat de plus », Dominique Strauss-Kahn et Laurent Fabius ont tous les deux annoncé qu'ils étaient sur les rangs. Reste Jack Lang, qui doit faire part de sa décision demain. La pression est de plus en plus forte pour qu'il se retire de la course. Ensuite, il faudra attendre le 16 novembre pour le premier tour et le verdict des militants.

A Marseille, Sarah Marengo

Les révélations d'Antoine Royal, cadet de Ségolène, qui a affirmé qu'un de leurs frères avait posé la bombe qui a coulé le Rainbow-Warrior en 1985 en Nouvelle-Zélande, font des vagues. Hier, la police néozélandaise a indiqué qu'elle allait réexaminer le dossier, même si celui-ci ne peut plus être rouvert. Un spécialiste de l'affaire, cité par l'AFP, assure que Gérard Royal, alors agent de la DGSE, était présent, mais n'avait pas pu poser la bombe sur le navire.