Impact limité sur les seniors

Delphine bancaud

— 

La crise a aggravé la situation des actifs les plus âgés .
La crise a aggravé la situation des actifs les plus âgés . — B. CHIBANE / SIPA

Alors que la loi portant création du contrat de génération entre en vigueur ce vendredi, il reste encore à savoir si le dispositif parviendra à favoriser le maintien en emploi et le recrutement des seniors, tout en favorisant l'intégration durable des jeunes dans l'emploi. Car la crise a aggravé la situation des actifs les plus âgés. Selon le ministère du Travail, le taux de chômage des 55-64 ans est ainsi passé de 4, 6 % en 2008 à 6, 5 % au dernier trimestre 2012. «Par ailleurs, le taux de chômage de longue durée de cette catégorie a fortement augmenté ces dernières années. Actuellement, 57 % des demandeurs d'emploi seniors sont au chômage de longue durée. Ils y restent en moyenne 450 jours», souligne Mathieu Plane, économiste à l'Observatoire français des conjonctures économiques.

Les jeunes davantage ciblés


Via le contrat de génération, le gouvernement espère créer un cercle vertueux et notamment éviter qu'avec la crise, les entreprises n'aient la tentation de se débarrasser de leurs salariés les plus âgés, afin d'en recruter de plus jeunes et donc de moins chers. Mais pour Mathieu Plane, «le dispositif est beaucoup plus ciblé vers les jeunes que vers les seniors. Il servira surtout à baisser le coût du travail pour l'embauche d'un moins de 26 ans.» L'économiste estime donc que la mesure aura peu d'impact à terme sur le taux de chômage des plus âgés. Même si le texte de loi dispose qu'une entreprise ne pourra pas bénéficier d'aide financière dans le cadre du contrat de génération si elle licencie en parallèle des seniors, Mathieu Plane estime que la garantie n'est pas suffisante. «La rupture conventionnelle pourra toujours être utilisée», souligne-t-il. En revanche, la mise en place des contrats de génération, qui va générer des négociations sur la gestion des âges en entreprise, pourrait «avoir un impact positif sur les conditions de travail des seniors», avance Mathieu Plane. Leur rôle de tuteur, transmettant leur expérience à un plus jeune, pourrait aussi changer le regard porté sur eux.

■ le fonctionnement du dispositif

Le contrat de génération prévoit d'accorder une aide forfaitaire (4 000 € par an jusqu'à 3 ans) aux entreprises de moins de 300 salariés qui embauchent en CDI un jeune de moins de 26 ans, à condition de maintenir en emploi un salarié de plus de 57 ans. Les entreprises de plus de 300 salariés, qui n'ont pas accès à l'aide, doivent négocier un accord fixant des engagements en faveur des jeunes, des seniors et sur la transmission des compétences.