Victime d'un viol, elle brise le silence

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« Je n'ai pas de haine mais de la colère. Je veux briser le tabou du viol », a lancé hier Samira, 28 ans, au premier jour du procès de son violeur présumé, Patrick Ghiliazza, jugé pour le meurtre d'une adolescente de 15 ans et de sept autres viols ou agressions sexuelles. Dans la salle des pas perdus du tribunal de Tours, Samira parle calmement à la presse, après avoir assisté au début du procès devant la cour d'assises d'Indre-et-Loire. « C'est horrible, la souffrance n'a pas de nom. Cette société ne fait rien pour les victimes. Je n'attends rien. Il faut encaisser, avancer », témoigne-t-elle. La jeune femme a été à l'origine de l'arrestation de l'accusé, un an après avoir été violée. Elle se rappelle tout et a décidé de parler pour « elle mais également pour les autres victimes ». Elle devrait être appelée à la barre dans les prochains jours. Dans la salle d'audience, Patrick Ghiliazza s'exprime beaucoup plus difficilement. Ce magasinier de 34 ans garde la tête le plus souvent baissée, évitant de croiser le regard de ses victimes.

(AFP)