«Difficile de ne pas tenir compte des sondages»

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Elle n'en laisse aucun indifférent. Supporteurs, séduits ou férocement opposés, la plupart des nouveaux adhérents socialistes se déterminent tous – consciemment ou pas – par rapport à Ségolène Royal.

Il y a ceux qui sont venus au PS pour Ségolène et rien que pour elle. Difficiles à dénombrer, ils partagent souvent les mêmes arguments. Comme Julien, 22 ans, adhérent d'Aix-en-Provence, qui estime que la députée des Deux-Sèvres « dispose de deux atouts de poids : c'est une femme et elle incarne la nouveauté ». « Jospin ou Fabius, on les voit depuis des années, Ségolène, elle, est plus neuve, plus moderne », explique- t-il. Pour José-Carlos, récent adhérent parisien, « elle est surtout la seule capable de battre Sarkozy ». Preuve que pour beaucoup de ces nouveaux militants, les sondages pèsent lourdement sur leur choix. « C'est difficile de ne pas en tenir compte, confie François, adhérent nantais. Si on désigne un autre candidat et qu'il perd en 2007, on regrettera forcément de ne pas avoir choisi Ségolène. » Une logique risquée à huit mois de l'élection, comme le reconnaît Yves, ségoléniste parisien de fraîche date, qui ne cache pas « sa peur face au duel Sarko-Ségo monté en épingle par les médias, alors qu'ils se sont toujours trompés lors des dernières élections ».

Alors, aux sondages, d'autres militants préfèrent les convictions. Bruno, nouveau venu lillois, a « adhéré au PS pour un programme de gauche, et jusqu'à présent, le seul candidat qui porte vraiment ces valeurs, c'est Fabius. Ségolène, elle, ne se préoccupe que de son image, au point de draguer la droite. »

B. B.