Ségolène s'avance sur une voie royale

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Ségolène Royal, favorite des sondages pour l'investiture PS à la présidentielle, a déclaré lundi qu'elle "ne commenterait aucune candidature" socialiste, y compris celle de François Hollande.
Ségolène Royal, favorite des sondages pour l'investiture PS à la présidentielle, a déclaré lundi qu'elle "ne commenterait aucune candidature" socialiste, y compris celle de François Hollande. — Eric Cabanis AFP/

« Le rapport de force nous est très favorable », estime François Rebsamen, nº 2 du PS et soutien de Ségolène Royal. Après le nouveau retrait de la vie politique de Lionel Jospin hier (lire ci-contre), le boulevard semble tout tracé pour la présidente de Poitou-Charentes, alors que s'ouvre demain le dépôt des candidatures pour la primaire socialiste. Passage en revue des atouts royaux.

  • Des sondages au sommet Depuis bientôt six mois, Ségolène Royal caracole en tête des sondages tant chez les sympathisants socialistes, pour la primaire de novembre, que chez les Français, pour la présidentielle de mai. Dernier en date, un sondage CSA publié mercredi la donne gagnante contre Sarkozy à 52 % contre 48 % (31 % contre 30 % dès le premier tour).
  • Des adhérents supporteurs Pour les fabiusiens et les jospinistes, la plupart des 80 000 nouveaux adhérents encartés au PS avant juin pour désigner le candidat (lire ci-dessous) n'ont d'yeux que pour Ségolène. « Ce sont des supporteurs qui imposent au parti la dictature des sondages à laquelle nous résistons depuis des années », estime Jean-Luc Mélenchon, soutien de Fabius. Un argument que ne rejette pas forcément le camp ségoléniste. « Il y a un décalage entre l'appareil du PS et la société, et les nouveaux militants sont là pour les réconcilier », explique Arnaud Montebourg, porte-parole de Royal.
  • Des fédés sous le charme Hier, Pierre Mauroy et la fédération du Nord – troisième du PS par le nombre d'adhérents – ont rallié Ségolène, « la plus qualifiée pour opérer un large rassemblement ». Ce soutien de poids vient s'ajouter à celui déjà acquis de la fédération des Bouches-du-Rhône, quatrième du parti. Après le retrait de Jospin et en cas de non-candidature de François Hollande, le camp Royal devrait aussi certainement gagner la fédération socialiste nº 1, celle de Paris. Un arsenal impressionnant.
  • Des adversaires à la traîne Laurent Fabius et Dominique Strauss-Kahn veulent encore y croire. « C'était déjà jouable, ça l'est encore plus aujourd'hui », a déclaré hier Jean-Christophe Cambadélis, proche de DSK. Les concurrents de Royal comptent surtout sur les débats pendant la campagne pour déstabiliser la favorite. Réponse dans six semaines.

Bastien Bonnefous