Jospin renonce : l'austère qui se barre

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Lionel Jospin, qui poursuit une tournée de promotion de son livre à travers la France, continue à entretenir l'incertitude sur sa candidature à l'investiture présidentielle, avec des déclarations feutrées ouvrant toute latitude aux interprétations.
Lionel Jospin, qui poursuit une tournée de promotion de son livre à travers la France, continue à entretenir l'incertitude sur sa candidature à l'investiture présidentielle, avec des déclarations feutrées ouvrant toute latitude aux interprétations. — Frederick Florin AFP/Archives

À le croire, promis, cette fois, c'est fini. Après trois mois d'un suspense parfois lassant, Lionel Jospin a tranché : il ne sera pas candidat à l'investiture socialiste pour 2007. L'ex-Premier ministre, qui s'était « retiré de la vie politique » après sa défaite à la présidentielle 2002 avant de se dire de nouveau « disponible » en juillet, a annoncé sa décision mercredi soir à ses proches, puis l'a confirmée hier matin sur RTL. « Faute de pouvoir rassembler, je ne veux pas diviser. Je ne serai donc pas candidat », a-t-il expliqué.

Depuis son retour dans l'arène socialiste, Lionel Jospin a tout fait pour redevenir incontournable au sein du PS. En vain. Il a attendu que François Hollande en appelle à sa légitimité pour faire reculer les autres prétendants et peser sur les grandes fédérations du PS : le premier secrétaire est resté silencieux. Il a espéré que Dominique Strauss-Kahn, son ancien ministre de l'Economie et autre prétendant, se retire et le soutienne : DSK a dit niet. Il était surtout persuadé que son expérience et sa carrure de chef d'Etat déboulonneraient facilement la reine des sondages Ségolène Royal : la reine a conservé son trône.

Résultat, Jospin ne pouvait que reculer devant le risque d'être humilié par un mauvais score lors du vote des militants. Il y a une semaine, François Rebsamen, nº 2 du PS qui a officiellement rallié Ségolène Royal mercredi, en appelait à sa « lucidité », confiant qu'« il aurait pu revenir et s'imposer après la synthèse du congrès du Mans (en novembre 2005). Aujourd'hui, il n'a aucune chance... il a raté la fenêtre de tir. »

S'il a loupé le coche, Jospin veut conserver une influence sur le parti. Hier, s'il a refusé de soutenir un autre prétendant, il a clairement dit qu'il « ne ferait pas le choix » de Royal lors de la primaire. Histoire de peser sur le vote jusqu'au bout.

B. B.

21 avril 2002 : défaite de Lionel Jospin. « J'assume pleinement la responsabilité de cet échec et j'en tire les conclusions en me retirant de la vie politique. » 28 juin 2006 : Jospin entame son retour. « S'il apparaissait que je suis le mieux placé pour rassembler les socialistes, (...) je me poserai la question. » 28 septembre 2006 : Jospin jette l'éponge. « Je ne veux pas, dans une situation confuse et par une candidature de plus, contribuer à fractionner [le PS]. »