Bis repetita

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L'ancien Premier ministre Lionel Jospin a déclaré samedi à l'Université d'été du PS qu'il fallait "reconquérir le pouvoir perdu face à la droite", dans une intervention précédant un jeu de questions-réponses avec les Jeunes socialistes.
L'ancien Premier ministre Lionel Jospin a déclaré samedi à l'Université d'été du PS qu'il fallait "reconquérir le pouvoir perdu face à la droite", dans une intervention précédant un jeu de questions-réponses avec les Jeunes socialistes. — Fred Dufour AFP

Lionel Jospin, qui a décidé mercredi soir de ne pas présenter sa candidature à l'investiture PS pour la présidentielle de 2007, aura tenté en vain un retour politique par petites touches.

Depuis la fameuse soirée du 21 avril 2002 - où l'ancien Premier ministre avait annoncé son retrait de la vie politique, mais sans présenter cet effacement comme définitif -, Lionel Jospin sera intervenu, au fil des ans, de plus en plus souvent dans le débat public.
Dès avril 2003, il dit ne pas vouloir "revenir à la vie politique" en précisant toutefois que "le choix n'est pas entre silence et retour". Début 2004, il soutient à Marseille (puis à Dijon, Lens et Besançon) les candidats socialistes aux régionales et cantonales. Le 28 mai, il tient à Toulouse son premier meeting politique depuis avril 2002 pour les élections européennes. Il intervient à nouveau dans le débat, d'abord en s'engageant pour le "oui" lors de la campagne pour le référendum sur la Constitution européenne, puis avec la publication d'un livre Le monde comme je le vois.
Le 28 août, arrivant à La Rochelle (où se tient l'université d'été du PS), en provenance de l'île de Ré, il note : "J'étais un peu trop près pour rester loin".
2005
Le 28 avril 2005, il intervient dans la campagne référendaire européenne en soutenant le "oui" et participe à un meeting à Nantes avec François Hollande. Le 27 octobre, paraît son ouvrage, "Le monde comme je le vois", occasion d'une longue tournée de promotion en France et à l'étranger. Il dit alors : "J'ai été une solution pour le PS, avec les autres. Je n'ai pas l'intention de devenir un problème".
Le 26 novembre, interrogé sur son éventuelle candidature, il répond que cet "autre débat" aura lieu "dans un an".
2006
Le 28 juin 2006 (au lendemain de la parution d'une tribune dans Le Monde intitulée "Mai 2007"), il déclare sur TF1 qu'il se poserait la question de sa candidature à l'élection présidentielle s'il apparaissait qu'il était "le mieux placé pour rassembler". Mais son offre rencontre peu d'échos.
Le 26 août, à La Rochelle, lors de l'Université d'été du parti, voix nouée et larmes aux yeux, il assume sa responsabilité personnelle dans l'échec de 2002, un aveu nécessaire pour lui permettre de rebondir.
En septembre, très présent dans les médias, il redit qu'il n'exclut pas d'être candidat "si cela a un sens pour les Français", assure ne se sentir ni "fatigué" ni "usé". Sans lever l'incertitude, il indique, le 19, qu'il déposerait sa candidature s'il la juge "utile" tout en souhaitant qu'"il y ait moins de candidats" au sein du PS.
Le 27 septembre, le numéro 2 du parti, François Rebsamen, lui demande de ne pas se présenter. Un sondage Ipsos-Le Point le montre pourtant en hausse parmi les sympatisants du PS, mais loin derrière Ségolène Royal, qu'il ne soutiendra pas. A deux jours de l'ouverture du dépôt des candidatures à l'investiture socialiste, il a finalement décidé de jeter l'éponge, en expliquant qu'il ne voulait "pas fractionner le parti".