Hollande salue la "décision sage" et responsable de Jospin

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François Hollande, Premier secrétaire du Parti socialiste, a salué jeudi, dans une déclaration à l'AFP, la "décision sage et empreinte de responsabilité" de Lionel Jospin, qui a décidé de ne pas briguer l'investiture du PS pour la présidentielle de 2007. 

Laurent Fabius a déclaré jeudi à l'AFP avoir "un sentiment de respect" à l'égard de Lionel Jospin qui a décidé de se retirer de la course à la présidentielle, mais n'a pas souhaité à ce stade faire d'autre commentaire. 

Julien Dray, porte-parole du PS et partisan d'une candidature de Ségolène Royal en 2007, a estimé jeudi que la décision de Lionel Jospin de ne pas briguer l'investiture était "une bonne chose" pour le parti.
Désormais, selon M. Dray, interrogé sur Europe 1, "il appartient à chacun de regarder quelle est l'utilité de sa candidature par rapport au PS et à la gauche". "Ce qui doit l'emporter, c'est la possibilité pour la gauche de gagner en 2007 et de se rassembler le plus vite possible", a-t-il dit.
Il a observé que l'hypothèse de la candidature de l'ancien Premier ministre avait "créé une confusion à l'intérieur du PS" et provoqué "une certaine tension".
Selon le porte-parole du PS, Lionel Jospin a pris conscience du "profond désir, à l'intérieur du PS, de renouvellement, de rénovation". 

Jack Lang a "déploré" jeudi le retrait de Lionel Jospin de l'investiture socialiste, en estimant, dans une déclaration à l'AFP, que l'ancien Premier ministre avait placé l'"intérêt supérieur du pays et du parti au-dessus de tout".
"Son retrait, que je déplore, s'est accompli avec beaucoup de dignité et de noblesse", a affirme M. Lang, lui-même candidat à l'investiture PS.
Selon lui, l'ancien Premier ministre "aurait pu être l'homme de rassemblement par son expérience, sa sagesse, sa connaissance de l'Etat et son autorité morale", affirme M. Lang.
"Lionel Jospin est un homme d'Etat, il l'a prouvé tout au long de ces années et aujourd'hui encore, il a placé l'intérêt supérieur du pays et du parti au-dessus de tout". "Il donne une leçon d'éthique politique à l'ensemble des militants et responsables socialistes", a-t-il dit.
Il "déplore un certain nombre de mises en cause assez indignes au cours de ces dernières heures" dans une allusion aux propos de Christophe Caresche, adjoint au maire de Paris et partisan de Ségolène Royal, rapportés par Le Monde.
"Je ressens de l'admiration et du respect pour l'homme et une sorte de tristesse", a conclu l'ancien ministre.

Christophe Caresche, l'un des animateurs du Conseil politique de Ségolène Royal, a affirmé jeudi que Lionel Jospin aura "évidemment un rôle très important" à jouer dans la campagne présidentielle.
Il a "salué" sur RTL la décision de l'ancien Premier ministre de ne pas se porter candidat à l'investiture. "Il va nous permettre sans doute d'aborder la prochaine période dans des conditions meilleures", a-t-il dit.

- Daniel Vaillant, proche de Lionel Jospin, a estimé sur Europe 1 que pour l'ancien Premier ministre, ne pas prendre le risque de "fractionner, diviser" le parti socialiste était "sa manière à lui de servir".

- Pierre Moscovici, partisan de Dominique Strauss-Kahn, a jugé sur RTL que le renoncement de Lionel Jospin allait "éclairer d'un regard nouveau la primaire qui n'aurait pas été la même si Lionel Jospin avait été présent".

- Anne Hidalgo (jospiniste, 1ere adjointe au maire), a déclaré sur i-télé: "Je comprends parfaitement sa décision et je la respecte".

- Harlem Désir, député européen (jospiniste), interrogé par l'AFP, a affirmé: "Je respecte sa décision. Elle était difficile à prendre et il l'a prise avec sagesse. Lionel Jospin n'a jamais été un diviseur, ni des socialistes, ni de la gauche. Les conditions du rassemblement n'étaient pas réunies. Il en prend acte".

Jean-Marc Ayrault, président du groupe PS à l'Assemblée, s'est dit jeudi sur LCP "soulagé" de la décision de Lionel Jospin de ne pas entrer dans l'arène élyséenne, jugeant que son retour "n'aurait pas été compris". Il a souhaité que l'ex-Premier ministre soutienne Ségolène Royal si celle-ci gagne la primaire PS.

Bertrand Delanoë, maire PS de Paris, a "regretté" le retrait de Lionel Jospin de la course à la présidentielle, tout en indiquant qu'il "comprend et respecte totalement" cette décision. Il a ajouté que "son choix, qui relève d'une réflexion personnelle et même intime, ne modifie en rien l'estime et la fidélité que (lui) inspirent à la fois la personne et l'acteur politique".