69 ans, Lionel Jospin tourne la page

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Lionel Jospin souhaite que la gauche et la droite présentent "des projets clairs" à l'élection présidentielle de 2007 pour que ce scrutin ne soit pas "un nouveau rendez-vous manqué avec le peuple".
Lionel Jospin souhaite que la gauche et la droite présentent "des projets clairs" à l'élection présidentielle de 2007 pour que ce scrutin ne soit pas "un nouveau rendez-vous manqué avec le peuple". — Louisa Gouliamaki AFP/Archives

A 69 ans, Lionel Jospin, qui a décidé de ne pas briguer l'investiture socialiste pour 2007, tourne une nouvelle page de son action politique.
Malgré l'annonce de son retrait annoncé au soir du 21 avril 2002 après son élimination coup de tonnerre au premier tour de la présidentielle, Lionel Jospin avait effectué un retour progressif en politique, pour finalement se dire disponible en 2007 s'il pouvait être "utile".
Né le 12 juillet 1937, énarque, l'ancien Premier ministre a été l'un des héritiers de François Mitterrand, qui lui avait donné très vite des responsabilités au PS, avant de lui remettre les rênes du parti en 1981. Il fut ensuite étroitement associé à toutes les grandes décisions du premier septennat et du début du second, où il fut ministre d'Etat, numéro deux du gouvernement.
Lionel Jospin avait pris ses distances avec François Mitterrand au début des années 90, allant jusqu'à revendiquer un "droit d'inventaire" que certains socialistes retournent aujourd'hui contre lui.
Une première fois candidat malheureux face à Jacques Chirac à la présidentielle de 1995, il fut après la victoire législative de 1997 le Premier ministre de la plus longue cohabitation de la Ve République, gouvernant jusqu'en 2002 à la tête d'une "majorité plurielle".
Après son échec cuisant du 21 avril, il met fin à 30 ans d'une carrière politique toute entière tendue vers le pouvoir, depuis des débuts trotskistes qu'il avait difficilement fini par reconnaître.
Trois ans plus tard, il intervient à nouveau dans le débat, d'abord en s'engageant pour le "oui" lors de la campagne pour le référendum sur la Constitution européenne, puis avec la publication d'un livre "Le monde comme je le vois".
Peu à peu, il laisse s'installer l'idée d'un retour pour 2007, d'abord distillée par la voix de proches, puis en annonçant son intention de participer au débat et enfin en n'excluant pas en juin dernier de solliciter l'investiture.
Trop tard pour certains, en dépit d'une intervention pleine d'émotion fin août à l'université d'été du PS, dans laquelle il reconnaît notamment "un certain nombre d'erreurs" dans sa campagne de 2002 contre Jacques Chirac.
Tout à son image "d'autorité morale", Lionel Jospin assure alors vouloir créer les conditions d'un "vrai débat", sous-entendant que Ségolène Royal le fuit et ébranle les fondements même du parti.
Mercredi soir, à deux jours de l'ouverture du dépôt des candidatures à l'investiture socialiste, il a finalement décidé de jeter l'éponge, en expliquant qu'il ne voulait "pas fractionner le parti".