Les profs au dernier rang du budget

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Le gouvernement met actuellement la dernière main au projet de budget 2007, avec l'élaboration du volet fiscal qui devrait faire la part belle aux ménages les plus aisés et aux entreprises, à quelques mois de la présidentielle.
Le gouvernement met actuellement la dernière main au projet de budget 2007, avec l'élaboration du volet fiscal qui devrait faire la part belle aux ménages les plus aisés et aux entreprises, à quelques mois de la présidentielle. — Jack Guez AFP/Archives

Au piquet, les profs. Pour réaliser les économies promises au nom de la rigueur budgétaire, le gouvernement devait arbitrer entre les différents ministères. C'est fait depuis hier, jour de présentation du projet de budget 2007.

Et le grand perdant est... l'Education nationale et, plus particulièrement, les collèges et lycées. Ce qui n'est pas vraiment une surprise, puisque Dominique de Villepin avait annoncé dès juin son intention de tailler dans les effectifs enseignants, conformément à l'objectif de réduction du nombre de fonctionnaires. La pilule n'en est pas moins amère pour les syndicats. Ces derniers contestent l'argumentation du gouvernement, selon lequel ces 7 103 suppressions de postes (lire encadré) correspondent à une diminution du nombre d'élèves pour des raisons démographiques et n'entravent donc en rien le fonctionnement des établissements.

« C'est faux car, si on constate effectivement une diminution du nombre d'élèves, cette dernière ne justifie pas autant de suppressions de postes », assure Bernard Boisseau, de la fédération syndicale FSU. Selon ses calculs, « Il y a deux fois plus de suppressions de postes » que nécessaire. Un ratio classique, se désole Bernard Boisseau en s'appuyant sur l'exemple des collèges et des lycées. « Depuis 2003, il y a 177 000 élèves en moins, ce qui aurait pu justifier 14 000 postes supprimés. Or ce sont 27 000 postes qui ont disparu. » Largement de quoi appeler à la grève demain, ont estimé les cinq fédérations de l'Education nationale (FSU, Unsa-Education, Sgen-CFDT, Faen et FEC-CGT) contre « cette saignée jamais vue ». Pas sûr pour autant que cet appel soit suivi. « Beaucoup de profs sont réticents à laisser leurs élèves si peu de temps après la rentrée », admet une syndicaliste.

Stéphane Colineau

Le budget prévoit 7 103 suppressions de postes. Environ 9 000 postes sont supprimés dans le secondaire. Entre 1500 et 2000 sont créés pour le supérieur et la recherche, où les syndicats dénoncent néanmoins les « promesses non tenues ».